Mangas

Les Aventures de Maria Mantegazza et Les enfants de l’empire direction Asie

On a été séduit par deux nouveautés qui nous viennent l’une du Japon, l’autre de Corée. Si Les Aventures de Maria Mantegazza de Seiho Takizawa vont accrocher aussi les amateurs de BD aéronautique, Les Enfants de l’Empire de Yudori (Le Ciel pour conquête) au trait très délicat enchanteront les passionnés d’Histoire car on retourne en Corée sous contrôle japonais dans les années 30. Dans les deux cas on a un dessin certes très typé, riche et affiné qui surpasse largement celui du manga en général.

Les Aventures de Maria Mantegazza, femme pilote de Sehio Takizawa (Paquet) sont celles d’une femme pilote après la première guerre mondiale. Évacuation d’Iran d’un agent qui a trahi la révolution russe en 1920 au moment même où les puissances alliées se partagent le Moyen-Orient, l’ange au biplan se pose à Beyrouth. Maria se fait piéger. Son avion est pris en chasse par des avions français. En réalité ce qui est en jeu c’est un diamant fantastique, l’étoile d’orient. Mais d’autres missions attendent Maria. Direction Le Caire avec Valérie Sinclair, une actrice. Une occasion pour Maria de se souvenir de son père, agent de renseignement porté disparu. On enchaîne sept épisodes dans le tome 1, huit dans le 2. Il y aura au total huit recueils de ce manga qui tient avant tout la route grâce à son auteur, dessin et scénario, Takizawa, maître de la BD d’aviation japonaise historique et par qui on n’est jamais déçu. De superbes profils d’avion sans ces aventures débridées.

Les Aventures de Maria Mantegazza, femme pilote, Tomes 1 et 2, Éditions Paquet, 8 € l’album

Les Enfants de l’Empire par Yudori (Delcourt) se passe à Gyeongseong (Séoul) sous autorité japonaise depuis des années. En 1929 le Japon a commencé sa marche victorieuse en Asie qui ira jusqu’à Pearl Harbor en 1941. Arisa Jo a des sourcils très fins, est très belle, habillée, lycéenne, en tenue moderne. Jun Seomoon autre lycéen en uniforme est subjugué par elle. Maître Jo, son père, lui a demandé de la raccompagner après les cours. Jo est un riche marchand de la ville, magnat du tissu, qui a pris en charge la famille de Jun. Son père qui avait été professeur détestait la modernité, buvait, avait perdu sa dignité. Jo avait été son élève et avait aidé la mère de Jun. Arisa Jo sait que sa beauté lui permet avec la puissance de son père à peu près tout. Jalousie de toutes les lycéennes, Arisa est une jeune fille qui est hors des traditions. Arisa sculpte ses sourcils et la mère de Jun est désormais la bonne de Monsieur Jo. Référence à Dumas avec Marguerite Gautier, des histoires courtes avec un fil rouge, la passion à priori impossible de Jun, de nombreux rappels historiques, là aussi c’est le dessin qui règne en maître, séduisant comme l’héroïne. Une très belle présentation dos toilé pour ces 244 pages qui se lisent dans le sens de lecture français avec un dossier explicatif de l’époque en fin.

Les Enfants de l’Empire, Tome 1, Éditions Delcourt, 19,99 €

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