On se rapproche un peu de Vallès et de ses Damnées de l’or brun. Sauf que du cacao on passe à la canne à sucre. Sucre noir est adapté du roman de Miguel Bonnefoy, un Autant en emporte le vent aux Caraïbes. On retrouve Efa au grand talent graphique (Monet), Virginie Ollagnier au scénario qui a signé l’époustouflant Escadron bleu. Une fresque pure et dure dans la tradition des grandes sagas, voire des feuilletons au long court bien maîtrisés et qui rebondissent à la moindre occasion. Un trésor sera-t-il la clé de cette palpitante aventure sociale, humaine où tous les coups sont permis.
Culture de la canne à sucre, le rhum, rien de bien neuf sous les Tropiques. Serena est une petite fille qui va grandir en solitaire avec une vieille dame qui a vendu sa maison à sa famille. On lui a beaucoup parlé d’Henry Morgan le pirate, de son trésor. Et elle y croit. Elle va communiquer avec un médium en le payant. Elle a 16 ans et rêve d’un amour parfait avec un jeune homme doux et beau. Elle envoie ses lettres à la radio. La vieille craint qu’elle ne passe sa vie à chercher un prince. Tous veulent lui trouver un mari dans le village et désormais elle ne rêve plus. Quand arrive au village un garçon Severo qui cherche du travail. Il va tourner la canne, la couper, la ramasser mais en fait il cherche le trésor. Il vient de Caracas. Serena ne l’aime pas et lui affirme que le trésor n’existe pas. Mais il a des preuves, des cartes, des documents. Serena le trouve aussi laid que ses passions. Severo s’incruste tout en ayant un regard intéressé sur la jeune femme. Severo trouve un énorme statue et Serena sait elle où est le trésor. Qui pour elle est un arbre incroyable. Severo est certain d’épouser un jour Serena. Qui se donne à lui. Il va bientôt demander sa main mais les parents de Serena meurent. Severo reprend leur affaires et la production de rhum. Il faut embaucher un tonnelier et se présente un homme qui lui aussi est obsédé par le trésor.
On progresse lentement et les pièces du puzzle se mettent peu à peu en place dont un bébé sauvé des flammes mais brûlé au visage. Ce sera la relève narrative et bien sûr trésor, et lequel ou pas ? C’est la question. Un côté série à rallonge assez psychologique avec des caractères très trempés. Le découpage, les ambiances, le dessin est très travaillé mais l’intrigue est un peu complexe. On ne peut en dire plus question suspense. Un destin dramatique très sud-américain en fait mais que l’on suit pris par l’action.
Sucre noir, 160 pages, Le Lombard, 23,95 €