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S.O.S. Bonheur saison 2, télécratie maitresse du jeu

Le tome 2 de la saison 2, où comment passer au crible, au tamis de notre société décalée, dérangée, ses travers les plus actuels. Stephen Desberg a pris le relais de Jean Van Hamme et Griffo a continué sa route au dessin d’une des séries les plus mythiques et avant-gardistes de la BD. Autant dire qu’on ne va pas faire dans le joyeux même si S.O.S. Bonheur se veut le reflet de ce qui est censé rendre heureux une population manipulée et sous tutelle. Comment devenir un modèle, préfabriquée ? Comment être une star du petit écran à avenir politique ? Comment être un retraité passif et heureux ? A quel prix ? Place aux jeunes et aux politiques graveleux. La totale pour ce tome 2 à travers des destins différents, violent comme la société sans pitié qui entoure les héros de l’album dont nous sommes en fait très proches.

Une jeune fille que le hasard va mettre en présence d’un des rois de l’audimat. Brigitte, petite serveuse, est sous la houlette de Verdier qui dans une de ses émissions va la relooker. Son ami le Premier Ministre aimerait bien qu’il continué à faire des dons à son parti. Le petit ami de Brigitte casse. Brigitte, femme banale, veut tenter sa chance. Chirurgie esthétique et rencontre avec un autre candidate, Brigitte a peur. Virgil Toussaint est à la retraite et soudain devient un paria. Sa carte bleue ne marche plus et il découvre qu’il peut partir en vacances retraite. Dans la maison où il débarque, il n’est ni plus ni moins qu’un prisonnier dont les ressources sont directement virée à l’état. Sa seule envie, retrouver la liberté car il a compris qu’il est dans un mouroir. Verdier continue ses magouilles mais un certain Cornié s’intéresse à lui. Verdier peut-il devenir un outsider gênant pour le pouvoir en place ?

Desberg raconte, met en scène et raccorde les fils entre eux d’un album à l’autre. Rien de gratuit dans une société où le fric est roi donc le pouvoir, à moins que. On y ajoute la religion, un commissaire matrimonial et on comprend que finalement la réalité et la fiction font cause commune. Pour le pire. Résistance cette fois pas contre un envahisseur mais contre une dictature intérieure. Réseaux, délateurs, flicage, disparitions, arrestations arbitraires et coups tordus, Desberg mène la danse dans cette démonstration des horreurs et des manipulations de ce qu’il appelle la télécratie. Fort et appuyé par le dessin de Griffo toujours aussi précis.

S.O.S. Bonheur, Saison 2, Tome 2, Dupuis Aire Libre, 20,95 €

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