Mémoires de Marie-Antoinette, femme futile ou politique ?

Elle reste un personnage à la fois controversé et charismatique. Reine de France à 15 ans par devoir et non par amour, elle épouse le ce bon Louis XVI. Marie-Antoinette finira comme son royal époux sous le couteau de Monsieur Guillotin sans vraiment comprendre pourquoi et, il faut le dire, fort injustement. Cela n’apportait rien à une révolution qui dérapait dans le sang. Noël Simsolo, un maître es-cinéma (Docteur Radar ou Pornhollywood) raconte sans concession et objectivité la vie d’une femme qui avait une authentique facilité pour survoler les grands problèmes de son temps en toute insouciance. De là à dire qu’elle était un peu « bravette » comme on dit dans le sud, il n’y a qu’un pas. Et pourtant ce n’est pas vraiment l’image qu’en donnent ses Mémoires mises en scène par Simsolo sur un dessin de Isa Python léger et à l’image de la cour, de la reine, élégant et inspiré, proche du caractère des personnages tout en maintenant une part inévitable de réalisme.

Mémoires de Marie-Antoinette C’est au Temple qu’elle se met à raconter sa vie Marie-Antoinette. Dès son enfance elle a été configurée, le mot est le bon, pour devenir reine. C’est la France qui gagne le gros lot et la jeune autrichienne épouse le futur Louis XVI. Mais elle doit couper les ponts avec l’Autriche et son impératrice de mère. Elle devient française nue comme un ver et se plie à l’étiquette pas marrante de la cour française sous Louis XV. Elle commence bien en ne pouvant supporter la Du Barry, maîtresse en titre du roi, un jeu dangereux. Elle se marrie mais Louis ne réussit pas en faire une femme. Il préfère la chasse et les horloges. Elle déchante la Marie et Louis XV excuse le dauphin qui n’est pas « caressant ». Elle n’a pas un mauvais fond mais, comme toute la cour, est complètement coupée des réalités de son époque. Histoire de s’occuper elle fait la guerre à la Du Barry, collectionne les bijoux et entre dans Paris. Et se fait un plaisir, masquée, de faire la fête avec ses copines.

Écervelée Marie-Antoinette, en partie seulement, car elle est finaude mine de rien. Ce n’est au départ qu’une gamine aux pouvoirs colossaux à qui il faut plaire. Elle se mêlera de politique et on lui prêtera beaucoup d’amants dont bien sûr Fersen. Elle joue aux cartes et perd des sommes folles. Son image en prendra un coup au fil des ans. Le récit de ce premier tome est dans le vrai. Simsolo a su montrer toutes les facettes d’une femme qui vit sa vie pas si futile que ça et qui comprendra vite que le peuple ne l’aime plus. La suite ce sera dans le tome 2.

Mémoires de Marie-Antoinette, T1 Versailles, Glénat, 19,50 €

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