A le recherche de la mère perdue, un patelin au nom impossible de Sousbrouillard, un mystère qui hante la mémoire de tous, Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg au dessin et belles couleurs (ils avaient signé ensemble Le Don de Rachel) se sont lancés dans un ouvrage qui sous des aspects de thriller dramatique flirte aussi avec l’imaginaire qui peut devenir réalité, la sublimer. On est pris par ce récit séduisant, fin et subtil, très bien découpé, chaleureux dans ses portraits ciselés et affectueux.
Un accident pour ouvrir le débat et des corps qu’on ne retrouve pas. Sara beaucoup plus tard débarque à Sousbrouillard, un bled paumé, sous la pluie. Dans un bar on lui donne l’adresse de la Dame du Lac où Ava pourrait lui louer une chambre. Mais Octave lui a déjà parlé du mystère de Sousbrouillard, l’accident sans cadavre d’un jeune couple dont la voiture serait tombé dans le lac. Et Sara ne connait pas ses parents, ni ses origines. Son seul lien, une partie de son bracelet de naissance avec Sousbrouillard inscrit dessus. A l’hôtel elle est reçue par Aimé puis par Ava. A l’église sœur Martine Sauveur office avec fougue et a en plus beaucoup fait pour le village en s’arrangeant un peu avec des œuvres d’art. Mais que va pouvoir trouver Sara sur son passé ?
Une superbe ambiance, un travail de broderie littéraire pour un suspense sentimental avec une formule qui fait mouche, un petit crime de rien du tout pourrait être effacé par toutes les bonnes choses qu’il entrainerait. Sara se retrouve dans un monde où le mystère du lac est le mythe fondateur de Sousbrouillard. Onassis est de la fête, un beau brun éleveur de chevaux, Agathe chez les Esquimaux, Madame Butterfly, les histoires de tous se racontent et se recoupent, se rattachent. Sara va être un catalyseur sans le vouloir. Une très belle fresque au trait puissant et tendre à la fois, une jolie émotion sur ces 200 pages indispensables aux couleurs très bien posées. Une pincée de fantastique en cadeau, très bien venue.
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