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Gotlib l’oeuvre complète, 1967, les débuts de Marcel génie total

Et hop comme disait ce brave Achille Talon, voici un hommage de plus qui va nous rapatrier à la fin des années soixante, en 1967, le nez dans Pilote tout éberlué par des Dingodossiers qui portaient bien leur nom. Marcel Gotlib, qui nous a quitté il y a dix ans et rencontré en son temps au Festival BD de Nîmes n’était pas un inconnu pour les lecteurs de Pilote qui cependant n’étaient pas pour autant des aficionados de Vaillant où il faisait paraître Gai Luron. Faudra attendre Pif Gadget mais c’est une autre histoire. Il y avait aussi un certain et génial René Goscinny qui en signait les scénarios. Gotlib aussi les signait parfois et bientôt paraîtra la Rubrique-à-brac. Sans oublier que, CQFD, 1967 c’est un an avant 1968 qui sonnera aussi chez Pilote sans vraie révolution le début de la fin de l’âge d’or (Blueberry, Astérix qui cartonne, Lucky Luke, Tanguy et Laverdure) qui fera sa révolution culturelle pour le pire plus que pour le meilleur.

1967 donc et Gotlib est content. Il travaille à Pilote depuis deux ans avec les Dingodossiers et Goscinny. En toute liberté. Un préambule qui annonce la couleur sur le détail de ce premier tome qui va une fois de plus raviver notre nostalgie personnelle. Pilote et Vaillant au menu pas toujours avec une impression de qualité. D’où le travail nécessaire pour remettre dans le bon ton ces planches et ces dessins. Gotlib c’est un talent que vont s’arracher les deux journaux. Matin quel journal ! Jean-Louis Gauthey a signé ces textes qui replacent si l’on peut dire Gotlib dans son contexte d’une France gaulliste. Ouverture avec un Dingodossier destiné à un lecteur ado. Comment faire un sandwich au ragoût. Ou Ragotto si on le veut à l’italienne avec un oeuf dur en hors-d’oeuvre. Un cataclysme car l’enfer est souvent pavé de bonnes intentions. Un trait qui décoiffe, des visages qui expriment doutes et angoisses, une cuisine qui ressemble à un champ de bataille.  Jujube et Gai-Luron enchaînent. Cette fois Gotlib est au four et au moulin. Déjantés les héros qui jouent avec statue du dieu Vazy-Mô-Lô. Arrive Gai Luron au bout d’une liane l’oeil « chachou ». Alea jacta est.

Des unes de Pilote, des pub pour Gai-Luron poche, James Bond célèbre caricaturé en smoking, Léon Zitrone (vive le tiercé), le professeur Burp, des poissons d’avril, le choix sur ces 240 pages de cet album en belle livrée est large, complet et riche. L’auteur a parcouru la France entière pour chercher des pépites inédites. Avec ce volume qui inaugure le cycle on suit un ordre chronologique et on aura deux nouveaux volumes par an. Loufoque on l’a dit souvent, Gotlib est sans égal. On se régale.

Gotlib l’oeuvre complète, 1967, Dargaud et Fluide Glacial, 34,90 €

 

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