Les Mystères de la République, la fin justifie les moyens

Quand la série Les Mystères de la République a commencé, le texte de présentation sur ligneclaire parlait pour la IIIe, IVe et Ve République aux cœur des albums scénarisés par Philippe Richelle, d’affaires sans fin. On peut interpréter ce titre de deux façons. A-t-on vraiment tout su des mystères évoqués dans les quinze tomes parfois en filigrane et surtout qu’en est-il aujourd’hui des affaires si l’on se réfère à la campagne présidentielle 2017 avec entre autres le choc Fillon ? Finalement rien ne se perd et surtout pas les mauvaises habitudes ni les manipulations des officines. Dans les trois albums qui mettent un terme à la série on n’est pas déçu. Des embrouilles d’état il y en a et, qu’on se rassure, il y en aura d’autres même si un jour on passe à la VIe République. La fin justifie toujours les moyens. Reste pour l’heure un bilan plus que satisfaisant pour cette série historique et hors normes que l’on va regretter. Une belle idée que de relire la série complète cet été.

Les Mystères de la Troisième RépubliqueOn commence avec la IIIe République qui finira par une défaite, celle de la France en 40 mais qui aura de suites pendant la guerre. Avec Mort d’un collabo Richelle, Pierre Wachs au dessin et Claudia Boccato aux couleurs montrent la France en résistance mais aussi aux ordres des Allemands et de Vichy. Peretti doit se charger vu son statut de flic de noyauter le ministère de l’Intérieur pour les Gaullistes. L’inspecteur Lacaze fait partie de son équipe. L’amie de Peretti, Claire, a été arrêtée et déportée. Peretti prend contact avec un résistant qu’il reconnait comme Trézelles, celui qui a dénoncé Claire et les choses tournent mal. Qui est vraiment Trézelles  que l’on va retrouver mort ? Peretti est pris au piège. Une réalité celle de ceux qui ont joué sur les deux tableaux et s’en sont sortis à la Libération. La France devait s’éviter une guerre civile. Une intrigue tordue à souhait et hautement possible avec le bon dessin de Wachs en prime.

Les Mystères de la Troisième République, T5 Mort d’un collabo, Glénat, 14,50 €

Les Mystères de la Quatrième RépubliqueLa IVe prend la suite avec cette fois la guerre d’Algérie en toile de fond. Toujours Richelle mais avec Alfio Buscaglia au dessin et Claudia Boccato aux couleurs. En 1957 l’armée a les pleins pouvoirs en Algérie. A Paris le commissaire Coste décide de revenir à Alger sur les traces de ces extrémistes qui veulent conserver l’Algérie française. Avec la police locale et le commissaire Hautcoeur qu’il a eu sous ses ordres Coste comprend que les tentatives de mettre toute la population pieds-noirs et arabes sur le même pied d’égalité ne sera pas simple. Règlements de compte, barbouzes et FLN, agents infiltrés, Coste  va mettre son nez là où il ne fut et cela va se révéler très dangereux. Un dessin clair et réaliste avec un petit air de Chirac pour un des personnages.

Les Mystères de la Quatrième République, T5 Opération résurrection, Glénat, 14,50 €

Les Mystères de la Cinquième RépubliqueOn finit par la Ve et l’excellent François Ravard au dessin. Dans Au nom de la France, l’ex-commissaire Verne remplacé par « Le Gros » Berlier s’et embarqué dans une affaire de trafics d’influence en Afrique où la France entretient des réseaux pour ne pas se faire virer dans la chasse aux réserves naturelles dont le pétrole. Mais c’est dangereux en 1968 de vouloir tout dire dans un bouquin, même pour un ancien flic. Berlier va donner mais un peu tard un coup de main à Verne. Sauf que parfois la raison d’état. Un des épisodes les plus noirs et le plus désabusé signé par Richelle. Francois Ravard amène l’intrigue à son terme avec beaucoup de talent.

Les Mystères de la Cinquième République, T5 Au nom de la France, 14,50 €