Le Chat du rabbin T10, histoire de plages et de voyages

Le dernier album avait plus ou moins été consacré à la jolie Zlabya, aux débuts du chat qui parle. Car c’est quand même lui le héros, le Chat du Rabbin. Témoin plus ou moins impartial, goguenard, il va se retrouver face au dilemme toujours très actuel de n’importe quel Juif : faut-il aller vivre en Israël ? Oui, vivre, s’installer, pas aller juste se lamenter un coup de temps en temps, acheter un pied à terre du côté de la diaspora francophone au nord de Tel-Aviv et rentrer à la maison quand la bise fût venue, ou pour tout autre raison. Sfar remonte le temps car le sujet est effectivement intemporel et finira par le concerner inévitablement dans les albums. Toujours ce mélange savoureux qui donne des explications à ce qui souvent ce ressent. Croire en dieu, dit le rabbin, c’est accepter de faire des trucs ridicules pour lui.

Une cérémonie au bord de la mer avec toute la famille pour le début de la fête Roch Hachana pour chasser le mal en secouant ses vêtement, et un abruti qui les traite de sales juifs, leur dit de rentrer chez eux. Sauf que chez eux c’est ici, dans cette Algérie française dont le décret Crémieux leur a donné la nationalité. Un bagarre avec en tête de pont Monsieur Vastenov, Malka et le lion en arrière garde. Tout le monde se jette à l’eau et le mari de Zlabya commence à en avoir ras la kippa. Partir en Israël est la seule solution, chose rare à Alger à l’époque. Et le rabbin du rabbin, enfant il a déjà donné dans le voyage à Jérusalem et il n’a pas été déçu. Rembarquement immédiat. Zlabya aussi va se confier, cheveux courts et kibboutz. Le chat idem.

Le Chat du rabbin

Aller en Terre Sainte n’est pas conseillé, dixit le rabbin du rabbin. Sfar fait un flash-back de 1870 à 1973 et là on a un choc qu’on vous laisse recevoir de plein fouet. Visuel, le temps passe. Une façon de faire rire tout en évitant les larmes, ou en les dissimulant. Un humour qu’on aime, qu’on reçoit comme un cadeau tout en sachant que le pessimisme, comme il dit, ça évite de faire des conneries. Dont acte et un clin d’œil pour l’avenir au petit Alléluia qui fait des ricochets sur la plage de Nice, d’une plage à l’autre finalement. Un album pivot dans la série, un des plus forts en tout point.

Le Chat du rabbin, Tome 10, Rentrez chez vous ! Dargaud, 16 €