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Que d’os ! Tarpon en noir total

Le retour d’un des « privés » les plus humains et sympathiques du polar français. Avec son petit air de Columbo, Eugène Tarpon accepte une fois de plus une affaire qui ne va pas être des plus simples. Il devient un véritable croquemort ambulant. C’est son destin, Tarpon, fils naturel de Jean-Patrick Manchette. Au dessin, Max Cabanes est de retour avec bien sûr Doug Headline qui a adapté le roman de son père.

Doug Headline. Photo JL T DR

Milieu des années 70, Paris, un flic, Coccioli, conseille à Tarpon d’accepter pour la forme de retrouver une jeune aveugle qui a disparu, Philippine. Elle travaillait pour la Fondation Baudrillart, aide à la promotion sociale des aveugles. Marthe Pigot sa mère a débarqué chez Tarpon. Un philosophe le privé qui ne veut pas faire semblant comme le souhaite Coccioli, sent l’entourloupe. Il accepte et ne bâclera pas l’affaire. Il aurait mieux fait. Il cumule les jobs Tarpon et piste aussi à Dieppe Bébért alias Albert Pérez, un gros joueur au casino du coin qui pourrait piquer dans la caisse de son patron. S’ajoute Sébastien Pradier qui assure que Philippine est partie avec son copain, lettre à l’appui. Tarpon prend un coup de matraque et Maman Bigot une balle en pleine tête à Saint-Lazare. Il est agacé cette fois le privé.

Avec Manchette il faut bien suivre le rythme, saisir tous les fils d’une enquête à rallonge. On pourrait rapprocher Tarpon de Burma, macchabés et jeu d’échecs en plus. Tarpon en prend plein les dents, collectionne les flingues récupérés sur les malfaisants qu’il descend, adore en douce sa copine Charlotte. Humour et chronique d’une époque parfaitement reconstituée, les trente glorieuses, avec fachos en goguette survivants de 1945, secte et autres joyeusetés. Une symphonie en noir total, il faut cependant bien s’accrocher à la partition pour ne rien en perdre. Cabanes excelle comme dans tous ses polars, de Nada à La Princesse du sang avec des cadrages et un découpage parfait. (texte publié dans ZOO le Mag par Jean-Laurent TRUC)

Que d’os !, 104 pages, Dupuis, 22 €

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