Il a une belle gueule Parker. Fin des années soixante, un bon braquage en vue avec une brochette de pingouins, des truands fichés à mort et un chauffeur pour se barrer, Uhl, expérimenté mais tendu. Une livraison de liquide par la Brink’s, irruption dans la banque et butin embarqué. Dehors Uhl balance un fumigène, et ce tout ce petit monde se barre avec le magot. Reste plus qu’à partager le pognon à la planque. Un peu déçu les mecs, que 33 000 dollars dans les sacs, 8000 par tête. Alors Uhl décide de tout garder et flingue ses copains. Sauf Parker qui passe par la fenêtre et évite les balles tout en perdant son flingue. Pas malin et Uhl met le feu à la baraque. Nettoyage complet. Parker se cache dans les bois, arrive en ville, pique une bagnole puis prend un bus. Mais il a de la ressource, une copine pour le fric, deux flingues à acheter et part en chasse. Uhl c’est le gibier désormais.
Ce qui frappe est avant tout la fiabilité du ton, l’écriture de Doug Headline. Et le dessin qui effectivement rappelle les débuts de Parker et a une efficacité redoutable, noir et blanc oblige. On aime aussi la diversité des personnages typiques de tout bon polar. Il n’est pas sorti de l’auberge, mais tiré à quatre épingles la partie de chasse peut commencer. Du tordu à souhait et on le reverra avec plaisir Parker. Un excellent début pour Aire Libre.
Parker, la proie, Aire Noire, Dupuis, 20, 50 €
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