Prix

Prix 2026 du Jury Oecuménique à Plus loin qu’ailleurs de Chabouté et une mention à Voie de garage

Le Prix 2026 du Jury Oecuménique est attribué à l’album Plus loin qu’ailleurs de Chabouté chez Vents d’Ouest et la mention spéciale à l’album Voie de garage d’Adriansen et Nebbache chez Dargaud. Le jury, composé de neuf spécialistes de la bande dessinée, historiens, critiques, journalistes, bibliothécaires, dessinateurs, catholiques, protestants et agnostiques, s’est réuni le samedi 13 décembre 2025, afin de choisir parmi 15 bandes dessinées pré- sélectionnées. Le prix sera remis par le Président du Jury, Jean-Pierre Molina, au Temple Réformé d’Angoulême, le jeudi 29 janvier 2026, à 17 h.

Selon Stéphane Dreyfus, injustement négligée lors de sa sortie (mais largement commenté par ligneclaire.info, récompensé par le Prix Landerneau,  en lice pour le Prix des Libraires 2026 donc en fait pas vraiment oublié) la dernière bande dessinée de Christophe Chabouté Plus loin qu’ailleurs  est l’un de ces trésors cachés du 9e art dont l’éclat n’apparaît pas immédiatement mais s’impose, page après page, comme une évidence. Une histoire simple, en apparence : un gardien de nuit qui n’a pas pris de vacances depuis vingt ans se casse la jambe le jour de son départ pour le grand Nord canadien. Plutôt que de rentrer dans ses pénates, le malheureux loue une chambre d’hôtel en face de chez lui et part à la découverte de son quartier. Dans un noir et blanc classieux, cette aventure au coin de la rue stimule tous les sens, invitant le lecteur à ralentir pour mieux regarder son quotidien autrement. Un voyage immobile qui dépayse davantage que bien des épopées.

Pour Nadia Savin, Voie de garage, inspirée de l’histoire vraie de Martial Richoz (1962-2024), figure pittoresque de Lausanne, cette BD aussi traitée par ligneclaire.info soulève la question de l’intégration sociale des personnes « à part ». Selon sa grand-mère qui l’élève seule, Paulin a toujours été « à part ». Selon son enseignante, il aurait fallu qu’il rentre dans les rangs, d’après les jeunes du quartier il serait plutôt un « tablard ». Lui-même se définirait comme un passionné de trolleybus. Bref, Paulin passe ses journées à s’inventer des histoires grâce à sa cabine de pilotage de trolley. Jusqu’au jour où un reportage sur lui aiguise la jalousie des gens « ordinaires », les rouages de l’institution socio-judicaire s’enclenchent, jusqu’à aboutir à son internement en hôpital psychiatrique, qui deviendra bien sûr sa voie de garage. Quelle place sommes-nous prêts à accorder « aux différents », à ceux qui se protègent dans un monde imaginaire ?

 

 

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