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Dans mon village on mangeait des chats, coucou minou

Faut se méfier de l’eau qui dort. Il en marre de recevoir des baffes le petit Jacques et le jour où il découvre le secret d’arrière-cuisine du boucher de son village, il va avoir comme une illumination. Le chantage ça peut avoir du bon mais aussi mal tourner. Dans Mon village on mangeait des chats, c’est ce qu’il dit le Jacquot, et il en a la preuve. En prime son paternel le torgnole. Va falloir agir et c’est son irrésistible ascension vers des sommets sanglants que Francis Porcel (Les Mentors) au dessin et Philippe Pelaez embarquent leurs lecteurs pour un polar très noir, bien de chez nous dans les années 70. Un grand moment de turpitude et d’amitié, bien carré. Mais finalement le petit Jacques on aurait mieux fait d’en faire un enfant heureux. Tant pis pour leurs pommes aux adultes. Sortie le 1er juin.

Charon, il est boucher et maire. Renommé pour ses pâtés qu’il vend à prix d’or. Un brutal le Charon qui tient le patelin près de Toulouse sous sa coupe. Au hasard d’une balade avec sa petite sœur Lily qu’il adore, Jacques même pas ado, découvre que les minous du coin servent de matière première au boucher. Pas fou, le gamin va commencer à mettre le Charon sous pression pour ses chatons. Doucement mais sûrement. A la maison, son père, routier, le tabasse quand il revient chez lui. Il commence à les avoir dans le nez les vieux. D’autant que son paternel a accepté que Charon le prenne comme apprenti histoire de l’avoir à l’œil. Et pourquoi pas de le transformer lui aussi en chair à saucisse. Sauf que le Jacques il ne va pas se laisser faire, sans états d’âme et déjà doué pour le cadavre anonyme et exquis. Quand on commence, difficile d’arrêter le train de la mort. Et c’est son pas gentil papa qui va avoir, dans la foulée, un accident.

Un vrai suspense dans la meilleure tradition des grands polars français des belles années cinquante à soixante-dix, à la Fajardie, loin des bien souvent stéréotypées productions actuelles. Il a un destin le Jacques avec sa bande d’hurluberlus soudés comme les doigts de la main après leur séjour en maison de correction. Une progression irrésistible dans le milieu, à la marseillaise ou à la toulousaine. Bouillabaisse ou cassoulet, au choix, et fait main. Pas de pitié et on monte une multi-nationale du crime organisé. A condition de bien faire gaffe. Un bon fond quand même Jacques, un doué qui progresse dans le sournois. Porcel colle parfaitement à cette histoire à laquelle il donne un relief très particulier, bien vu, peaufine ce drame rural qui va déborder façon urbaine. Le texte et la montée en puissance que signe Philippe Pelaez est un plaisir pour tout amateur de polar social, bien glauque et machiavélique, malsain mais logique. Un grand moment de noirceur qui paraît le 27 mai. On est un peu en avance mais cela vous permettra de prévoir de vous jeter dès que disponible sur ce très bon album. Un vrai régal, miam.

Dans mon village, on mangeait des chats, Grand Angle, 16,90 €

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