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À l’école des lettres, un bel ouvrage joyeux et pertinent

Le clin d’œil est voulu sauf erreur. Jacques Martin et son École des fans ont été un incontournable dominical du petit écran, terme qui vu la taille des plasmas aujourd’hui ne veut plus dire grand-chose. Avec À l’École des lettres, c’est une classe de charmantes têtes pensantes que proposent avec un bel humour, un réel intérêt littéraire et surtout une approche ouverte à tous, PoPésie (Turbociné) et Maïté Robert au dessin. La classe XIX c’est celle du siècle qui fait exploser les lettres françaises, de Hugo à Balzac, Baudelaire ou George Sand. Des planches dessinées avec les jeunes futurs grands auteurs, des biographies précises mais joliment tournées, des anecdotes, quelques duos savoureux, on a chose rare à la fois un outil qui peut être pédagogique mais aussi un divertissement joyeux, savoureux pour tous les publics. Rien n’oblige à être un savant littéraire pour se plonger dans ses bonnes feuilles.

Il ouvre le bal Victor qui déclare à la directrice de l’école du XIX qu’il veut être Chateaubriand ou rien, sera l’auteur le plus populaire de son siècle. Un politique aussi exilé, chef des romantiques. Les Misérables ou La Légende des siècles, il va en devenir une. Et le petit Victor se fait un copain, Honoré mais Hugo a le sens de l’humour en berne. Reste qu’ils seront amis à vie et que Hugo prononcera son éloge à ses funérailles, celles de l’auteur de la superbe Comédie Humaine. Et puis il y a l’âme noire, Baudelaire qui a tout d’un membre de la famille Adams. Noir c’est noir pour Une Charogne. Victor continue ses rencontres et partage la chambre d’Émile qui accuse à tour de voix. Zola était italien, et oui et sera naturalisé, signera Les Rougon-Macquart. On va voir George apparaître, féministe en pantalon. George sans s pour faire plus masculin. Un siècle pas tendre pour les femmes.

On le déguste cet album. Le trait est charmant, expressif. Les textes sont ciselés, abordent bien de sujets, la poésie avec Verlaine, Rimbaud. Une cour de récréation où les pensées fusent avec Flaubert. Les filles sont là, certaines méconnues et pourtant remarquables, sans oublier Madame de Staël et son Benjamin. On lira même une discussion très ouverte sur le Père Noël. Les animaux seront de la fête et Lamartine sera une tête de Turc. Mais ils ont tous en tête une question. Comment sera le monde en 2023. Là on passe la main. Cet album est remarquablement bâti avec au final une sympathique digression sur le Latin, langue toujours (un peu) enseignée et qui cache des trésors que l’on a découvert à titre personnel pendant sept ans avec joie.

À l’école des lettres, Tome 1, Éditions Dargaud, 19 €

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