Pigalle, 1950, Christin et Arroyo pour l’histoire d’un destin et une rencontre à Narbonne le 16 avril 2022

Il est enfin là, tout chaud, tout beau. Bon, c’est vrai qu’on l’a vu naître, grandir ce Pigalle, 1950 et qu’on a suivi à la trace les planches, la progression grâce à la gentillesse, amicale et complice de Jean-Michel Arroyo. Sans oublier le toujours très agréable ami de longue date qu’est Pierre Christin, scénariste de ce drame social, polar digne de Melville ou Clouzot (un favori), Duvivier. Les deux auteurs avaient accepté une interview croisée et Zoo publié déjà une page sur l’album rédigée par Ligne Claire. Un album qui sera un long voyage douloureux dans le temps, dans des ambiances aujourd’hui lointaines mais pleines de nostalgie et de charme que Pierre Christin est allées dénicher dans Paris comme Arroyo lui-aussi passionné de cette époque. Pigalle, 1950 est un album phare, les feux des 11cv ou des DS, des réverbères de la Butte ou de la rue de Rivoli, un petit bijou inattendu et incomparable.

Pigalle, 1950

Une rencontre aura lieu à Narbonne le 16 avril 2022 de 14h à 15h à la médiathèque du Grand Narbonne organisée par la librairie BD & Cie, 60 rue droite, 11100 Narbonne. Cette rencontre avec Pierre Christin et Jean-Michel Arroyo sera animée par Ligne Claire.

Pigalle, 1950

Il en a marre de son Aubrac Antoine dit Toinou. On peut le comprendre même si l’Aubrac (juré) c’est l’un des plus beaux endroits de France. Côté climat l’Aubrac, c’est l’hiver et le 15 août. Direction Paris mais au début c’est pour un retour, monter sur la Butte, prendre le funiculaire. Toinou a vieilli depuis ce jour où jeune il part vers la capitale qu’il découvre, boulevards, des gens bizarres, des néons et le cousin bougnat Alric du côté de la rue Lepic. Il va livrer le charbon en particulier dans un club à Pigalle, La Lune Bleue. Il tombe des nues, le Toinou. Dans son buron on ne lui en avait pas parlé de ces clubs gardés par des armoires à glace comme Poing Barre qui va devenir son copain au gamin. Pour le moment il vide les boulets de charbon de la charrette que tire un canasson. Il devient un habitué, découvre les jolies files sans vraiment se rendre compte qu’il a mis les pieds dans un drôle de monde. Les ennuis pourraient bien commencer.

Ce qui fait la force de ce Pigalle ce sont les sentiments, ceux des personnages comme ceux des auteurs qui se sont totalement investis dans ces pages au beau format, au découpage clair et aux expressions si vivantes des personnages. Antoine sera le jeu des vagues, au gré des marrées, de la violence d’un milieu, celui d’un grand banditisme qui évolue. L’innocence perdue dans des décors à la fois brillants et sombres. Pigalle, 1950 livre 130 pages enivrantes suivies par un panorama éblouissant de vues d’un Paris disparu. Une exposition aura lieu des planches originales de l’album présentées chez Maghen le 21 avril à Paris accompagnées de grands formats exclusifs que l’on peut voir en fin d’album. Un tirage de luxe signé est aussi prévu.

Pigalle, 1950, Aire Libre Dupuis, 25,95 €

Pigalle, 1950

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