Nous sommes ici tous réunis, des obsèques passés au crible

Curieuse idée de faire un mode d’emploi du deuil, de la mort d’un proche avec tout ce que cela implique, finalement pour l’avoir vécu à plusieurs reprise un mécanisme humain, sentimental, social et surtout légal. Nous sommes ici tous réunis, titre de l’album est la phrase type de l’ouverture des cérémonies religieuses ou laïques. Carbone (Les Phénix de Paris) dont on aime le grand talent de scénariste et Sophie Ruffieux au dessin passent au crible comment trois enfants gèrent les obsèques de leu mère. Face à ces obstacles imprévus ou dont n’a jamais entendu parle, le chagrin, parfois les comptes à régler. Obsèques et mariages sont les deux moments ou la famille se recompose. Plus ou moins facilement.

La maman de Margot, Françoise vient de mourrir jeune d’une crise cardiaque sans antécédents. Louise sa soeur le rejoint. Il faut préparer les obsèques, lui choisir de vêtements pour l’exposition dans le cercueil, trier ses affaires, lui mettre le pull acheté à Noël, voir ses bijoux. Antoine leur frère va arriver. Elles retrouvent son alliance bien qu’elle ait divorcé. Les Pompes funèbres, choir cercueil et urne, crémation. Des textes, de la musique, le faire-part de décès, les documents à fournir. Et le devis, des milliers d’euros, un capital décès de l’employeur ? Le trio se reforme, il faut trouver ses cordes internet, revenir à la maison. Magot a des procurations, il faut arrêter ses abonnements, portable, canal, netflix. Antoine dans la cuisine fait un fouzytout avec tout ce qu’il trouve à manger, vieille habitude de leur mère. Les vieux albums de photos qu’on rouvre. Il va falloir sceller le cercueil, dernier adieu avant le crématorium, les amis mais aussi le père qui les a abandonnées. Discours du fils et derniers témoignages.

Un récit assez intimiste et Guy qui avait pris sa place auprès de Françoise. Trop tard mais Louise savait. De la tendresse authentique car il n’y a pas de faille dans le récit de Carbone. Thomas son mari a quitté Louise, on peut tout se dire dans ces moments-là, ouvrir les vannes. Se réconcilier mais aussi le concret, faut-il vendre la maison. A condition qu’elle soir bien qu’à leur mère, pas en partie à leur père. Que prendre et enfin la notaire. Assumer le processus de deuil, une autre des points importants de cette BD docu-reportage très humain et en fait qui fait partie de notre vie un jour ou l’autre.

Nous sommes ici tous réunis, 116 pages, Soleil, 20,50 €

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