L’Original, fin de course pour les extrêmes

Il a fait la plupart des guerres de l’après-guerre, Picot. Un vrai bourrin devenu tueur à gages et qui va mettre le doigt là où il ne faut pas. A force de jouer au con et avec les extrêmes on gagne le gros lot. L’Original est signé Emmanuel Moynot, polar noir qu’aurait bien aimé Fajardie. Il va y avoir du grabuge entre flics et truands, tous mouillés jusqu’au coup dans ce dernier tango que Picot va danser avec une jeune révolutionnaire qui a du cran. Beau dessin, assez Tardi, une influence Burma ?

L'Original

Picot est sur un coup. Il va falloir doubler des jeunots qui envisagent de mettre leurs paluches sur un stock d’armes raflé par les flics. Riton lui donne ses consignes. Trois gamins réussissent leur OPA mais l’un d’eux est l’indic d’un flic véreux qui a besoin de se refaire une virginité auprès de sa hiérarchie. Alors ça va partir dans tous les sens.  Picot remonte la piste, fait le ménage, prend les flingues et embarque la fille du trio gauchiste. Direction la Provence et un mas paumé transformé en bunker avec aux trousses la cavalerie. Reste plus à Picot qu’à faire Camerone. Et là il est doué.

Un joli duo, l’extrémiste de droite et la gamine de gauche anarchisante. Ils vont se parler et s’injurier, liés par un destin commun. Il sera étonnant dans ses réactions le Picot que Moynot a bien campé. Une mise en scène efficace, de l’action et de la réflexion, Moynot qui présente son bouquin en papy donne les clés des années de braise, de la guerre d’Algérie, l’OAS, le SAC et autres Contras, tout bord confondus. Il faut le lire, ça aide. Une cavale qui vaut qu’on la suive de près.

L’Original, Casterman, 18 €

L'Original
Moynot ©