La Guerre invisible, Le Caire nid d’espions

Frank Giroud nous a quitté en 2018. Il avait écrit La Guerre invisible que Olivier Martin a dessiné et qui vient de sortir. Une œuvre qui met en scène le monde de l’après-guerre, celui de la Guerre Froide, des influences diverses au Moyen-Orient, la CIA et des agents très spéciaux. Le Caire nid d’espions, c’est là aussi ou sont venus se mettre au vert des nazis en rupture de ban. Sur un trait clair, carré, Olivier Martin (L’Affaire Pilecki) sert l’intrigue de Giroud maître en retournement de situations et de rebondissements, de thriller bien ficelé comme on dit, avec surprise du chef. Un Giroud qui reste l’un des meilleurs scénaristes du 9e art et qu’il était toujours un plaisir de rencontrer. On gardera une leçon amicale de scénario en mémoire.

La Guerre invisible

1951 Cassandra arrive au Caire avec un petit garçon, Rudi. Ils sont attendus par Max sous le nom des Ingelmann. L’enfant semble traumatisé et fragile. Mais quel va être son rôle dans l’opération que montent Max et Cassandra qui se fait appeler Kathryn avec la CIA, l’agence, en arrière plan ? La famille de Rudi a été massacrée par les Russes. Il va servir pour retrouver un savant nazi et pense que Kathryn est sa tante. C’est à l’école où va aller Rudi que se trouve peut-être le fils du nazi Manfred Fürbringer qui servirait bien le programme de recherche US spatial mais à condition qu’il accepte de partir. Son fils aurait une cicatrice à la cuisse. Rudi va rapidement l’identifier mais difficile de s’en faire un copain. Fürbringer était l’un des ingénieurs de Von Braun.

La Guerre invisible

Giroud a bien monté son intrigue et surtout dans un environnement que l’on a peu vu en BD, celui des récupérations de savants allemands bien après la chute du Reich. Son couple d’agents de la CIA a ses propres cadavres dans leurs placards. Surtout la belle Kathryn. Il y a une part émotionnelle forte dans ce thriller qui monte en puissance, met en jeu des gamins innocents et provoque des états d’âme chez la belle blonde. Frank Giroud avait bien du talent. Une bonne histoire qui aura une suite, au total un triptyque avec des affaires qui ont des liens entre-elles.

La Guerre invisible, Tome 1, L’Agence, Rue de Sèvres, 15 €

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