Finalement, est-il bien utile de démonter les mythes ? Choc était vraiment un méchant de rêve, mystérieux, sans visage ou nom, banderille plantée dans le flanc de Tif et Tondu, angoissant personnage pour les jeunes lecteurs de Spirou déjà plus ou moins traumatisés par Signé Furax, feuilleton de Pierre Dac et Francis Blanche sur Europe 1. Et bien oui car le mythe garde sa dose d’émotion. On sait aujourd’hui qui est Choc depuis que, après Rosy et Will, Éric Maltaite, son fils, et Stéphane Colman ont repris le flambeau avec un tome 1 incroyable bourré de talents. Dans le 2 très attendu des Fantômes de Knightgrave, Choc revient sur sa jeunesse, sur les années trente dans une Angleterre coincée et sur ses vengeances sans pitié dans les années cinquante. Sacré Choc, on finirait par avoir de la sympathie pour lui, dans le style syndrome de Stockholm.
Un album très rythmé et clair ce qui n’était sûrement pas simple à faire à vouloir jongler sur les époques. Le risque était de se perdre dans le récit. Choc est maintenant au sommet de sa gloire, mal dans sa peau malgré sa puissance et a assouvi une partie de sa vengeance sans états d’âme. La reconstitution des diverses époques est parfaite. On se demande ce qui va suivre alors que Eden part en exil vers une Allemagne nazie en pleine effervescence. Un dessin qui colle à chaque case avec l’ambiance de Choc.
Choc, Les Fantômes de Knightgrave T2, Dupuis, 16,50 €
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