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Dent d’ours Tome 3, il y aura un second cycle signé Yann et Henriet

Avec ce tome 3, Yann et Henriet clôturent le premier cycle de Dent d’Ours (Dupuis). Passionné d’aviation, Yann, après Le Pilote à l’Edelweiss avec Romain Hugault, avait choisi comme cadre la seconde guerre mondiale pendant laquelle se passe sa série. Pas évident vu le nombre de BD sur le sujet. Innover était indispensable. Ce texte est aussi publié dans le mensuel ZOO de mai.

Ses héros sont trois jeunes Allemands, Werner, Max et Hanna, un choix pas si simple mais qui a parfaitement fonctionné. Les gamins vivent la prise du pouvoir dans leur pays par les nazis. Hormis leur profonde amitié, ils veulent devenir pilotes, prêts à tout sacrifier pour être un jour aux commandes d’un avion. C’est pendant leur enfance que leur avenir va se jouer comme on le découvre dans Werner, le tome 3.

Avec sa maîtrise affirmée du rebondissement, Yann aura attendu ce troisième volet pour dévoiler les mystères qui planaient encore sur les trois adolescents devenus adultes, leurs origines et surtout comment Max, immigré aux USA et pilote de chasse dans le Pacifique, avait pu se retrouver en Allemagne, en pleine guerre, sous l’identité de son copain Werner pour une mission périlleuse.

Pour apporter encore plus de vraisemblance à Dent d’ours, Yann n’a pas hésité à se servir de personnages bien réels. Hanna, la copine de Werner et de Max, est calquée sur le personnage tout à fait authentique de la pilote d’essai allemande Hanna Reitsch, la dernière à se poser dans Berlin en ruines en 1945 pour essayer de convaincre Hitler de fuir dans son avion. Une scène que Yann a intégrée dans le tome 3. Hanna pilotera également des prototypes d’avions, ces fameuses armes secrètes qui sont la clé de la fin de ce premier cycle. On verra aussi le général Adolf Galland, un des as de la chasse allemande, aux côtés d’Hanna tout au long de l’aventure.

Sans vouloir dévoiler bien sûr le suspense orchestré par Yann, il aurait été dommage que tout s’arrête. On sentait bien que Yann avait encore de quoi promettre un futur mouvementé à ses héros. Mais lesquels ?

Et puis il y a le dessin d’Henriet qui est monté en puissance au fil des albums pour en arriver à une très rare maîtrise digne de celle d’un Marvano. La documentation sur les avions, le trait, les couleurs d’Usagi, le cadrage et le découpage ont une force digne de l’action contenue dans le scénario, sans temps mort. Nazisme, résistance, espionnage et antisémitisme, Dent d’Ours n’est pas qu’une simple BD sur l’aviation.

Dent d’ours, Tome 3, Werner, Éditions Dupuis, 14,50 €

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