Albums

Les Contes mécaniques, espoir et amour

Ils sont autant de pantins en fer, des assemblages de boulons et de vis, de plaques qui forment des femmes, des hommes et des enfants dans une cité où un Geppetto aurait pu vivre. A condition que du bois, il soit passé au métal. Les Contes mécaniques déroulent leur trame poétique dans un monde aux rares couleurs. L’amour en est un l’un des moteurs, les cœurs luisent en rouge dans les poitrines des automates. Loïc Malnati (Abymes) est aussi tatoueur et son inspiration s’est glissée hors du derme, dans ces carcasses aux regards si envoûtants, si chargés d’émotion. Une découverte agréable, sensuelle et sentimentale car Malnati joue de sa carte steampunk finalement très élaborée et détaillée dans deux contes qui ne sont pas du tout gratuits.

Dans Silence, un père et un fils se promènent. Un clown tombe devant eux. C’est drôle. Dans le ciel, sur sa corde un équilibriste fait jaillir la couleur. Au sol, un homme sans cœur agit en silence. Le petit garçon croise plein de gens, des amoureux, un cycliste sur une promenade bourrée de monde. Un feu d’artifice au bord de la mer, l’homme sans cœur aspire les âmes et arrache les cœurs. Le soleil reviendra. Dans Fleur éternelle, on parle encore d’amour. Celui d’un vieux couple. Elle meurt et fait jurer à son mari d’arroser chaque jour sa plante avec un curieux arrosoir. Une plante enchantée. Il meurt à son tour. Leur fille devient la jardinière. Mais où est la plante multicolore ?

Silence, on est à Nice sur la promenade des Anglais un soir d’attentat. La paix piétinée réussira à se relever de l’horreur par la force d’un petit garçon, pantin à l’espoir chevillé au corps. Ce sont des fable, plus que des contes, car Loïc Malnati au trait singulier donne une leçon, certes sans prétention, mais dans un monde où il faut toujours sourire au bonheur quand il est là. Le retrouver ensuite après le drame. Attendrissants ces récits bien cadrés, riches en tendresse. Les Images qui bouclent l’album sont des petits moments de découvertes agréables et bien tournées. Un coup de cœur, c’est le cas de le dire.

Les Contes mécaniques, Silence, Éditions Paquet, 16 €

Partager

Articles récents

Quand j’étais petite je rêvais d’être une muse, pas gagné d’avance

Il y a des destins qui interpellent des vocations qui sont des sacerdoces. Ou presque,…

14 août 2026

Mustang, une bagnole de réve pour un road-trip mouvementé

Allez on s'offre un petit coup de nostalgie en souvenir d'un San Diego-Los Angeles années…

14 août 2026

Le Cabaret Vert du 20 au 23 août 2026 c’est aussi de la BD et des prix

Les festivaliers de Charleville-Mézières le savent bien car comme le dit son communiqué, les planches,…

13 août 2026

L’Elu, l’entreprise et ses coutumes

Un album qui amène mine de rien vers des chemins tortueux sur une mise en…

13 août 2026

Bilan de la 12e édition 2026 de Partir en Livre le succès du grand festival estival du livre jeunesse

Près de 6 800 événements partout en France pour donner envie de lire aux enfants,…

12 août 2026

Chien Bleu et autres belles histoires de l’école des loisirs diffusé au Forum des Images le 13 septembre 2026

Cinq albums originaux filmés et lus, projetés pour la première fois au cinéma. Construit autour…

12 août 2026