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Interview : André Taymans de Caroline Baldwin à Miss Tattoo

Il a signé une série qui a fait date, Caroline Baldwin, détective privée canadienne amérindienne. 19 albums depuis 1999 à 2020 et la mort de Caroline sur laquelle Taymans s’explique dans cette interview. Il y a aussi désormais Miss Tattoo, demi-sœur de Caroline qui a pris la relève dans un premier album, L’Héritière c’est tout dire, suivi d’un second prévu début 2026. Propos recueillis par Jean-Laurent TRUC

André Taymans à Genève. JLT ®

 

André Taymans, pourquoi n’avez-vous pas dessiné Miss Tattoo et écrit que le scénario ?

Parce que je n’avais pas le temps. Je suis sur une série TV autour de Caroline Baldwin, dans le pool de scénaristes qui se chargent de l’adaptation. Elisabetta Barletta dessinatrice italienne m’avait demandé si je ne voulais pas lui écrire un scénario. J’étais parti sur autre chose et puis en réfléchissant comme les lecteurs de Caroline Baldwin réclamaient une suite, Miss Tattoo est l’héritière et on est parti là-dessus.

Miss Tattoo n’est pas une inconnue, c’est le chainon qui va se raccrocher au passé de Baldwin tout en vivant ses propres aventures. Les personnages de Baldwin reprennent du service.

Oui, on retrouve tout l’univers de Caroline sans elle. Gary, l’inspecteur Philips et d’autres.

Quand on lit Miss Tattoo le tome 1 on a le sentiment d’être dans une série TV, le découpage, les prises de vue.

C’est possible. C’est vrai par contre que Caroline n’avait pas pu avoir un avenir cinématographique car trop compliqué à monter.

Vous collez à l’actualité dans ce premier Miss Tattoo, Trump, Kamala Harris. C’est une volonté de suivre l’actualité politique US ?

Je l’ai toujours fait. Là on est en pleine campagne électorale, on ne savait pas si Trump serait élu avec sa bonne tête de méchant. Il me fallait un personnage et j’aime m’inspirer de ceux qui existent sans savoir comment les choses allaient tourner.

Vous évoquez même le dossier médical caché de Biden.

Oui, avec un peu d’avance.

On est dans un polar politique, dans une situation qui évolue en permanence. Comment écrivez-vous votre scénario ?

Je sais où je vais, je connais le début et la fin. Je trouve le chemin en découpant par séquences, ce qui me permet de surprendre, de découvrir des éléments. Je suis en train d‘écrire le tome 2 de Miss Tattoo. Elisabetta a déjà dessiné une quinzaine de pages et je suis à la page 25 donc on n’est pas très loin. Ce n’est pas un scénario fini livré clés en main.

Vous story-boardez ?

Oui, je voulais que le lecteur qui avait connu Caroline Baldwin retrouve ses cadrages. Je fais un découpage très précis, je donne la documentation à Elisabetta. Je fais lettrage et couleurs. Le lecteur de base n’est pas dépaysé.

Vous êtes le roi des rebondissements, on le voit dans ce premier Miss Tattoo.

Il y a des codes narratifs bien sûr. Ce sera un diptyque, le même principe que pour Baldwin. C’est toujours soit un one-shot, soit un dytique. Je ne vais jamais plus loin car le lecteur se fatigue vite.

Votre dessinatrice et vous signez la renaissance de Baldwin décédée. Tout tourne quand même autour d’elle, des rappels d’albums. Faut-il avoir lu Baldwin pour lire Miss Tattoo ?

Non je ne crois pas. J’ai tout fait pour cela même s’il y a ces rappels qui disparaissent dans le tome 2. La série vole de ses propres ailes.

Si vous nous parliez des Éditions du Tiroir où parait Miss Tattoo ?

J’étais chez Paquet, j’ai créé avec lui une société à Bruxelles Place du Sablon. On s’est séparé et j’ai monté ma propre société avec des associés, Les Éditions du Tiroir, il y a six ans. On a publié une centaine de titres. C’est de BD classique comme Rubine ou Percevan, des reprises. On a pris de nouveaux jeunes auteurs aussi. On a publié Jeannette Pointu en intégrale. Plus les 19 titres de Baldwin en un seul gros bouquin.

Votre dessin était parfait pour ce personnage au look atypique, en avance sur son temps. Elle a marqué la BD Caroline Baldwin.

Oui, j’ai commencé la série Baldwin et je la trouvais banale au départ. Et puis elle a avoué qu’elle avait le Sida à un moment où on en mourrait sans thérapie possible. La série a décollé et cela m’a ouvert des horizons. Ensuite quand la médecine a évolué heureusement la série redevenait normale. J’ai décidé de l’arrêter au 19. Je ne voulais pas tirer sur la corde.

Vous auriez pu la garder en intervenante secondaire, en guets star, dans Miss Tatto.

Pendant les derniers albums de Baldwin j’ai eu problème médical et je ne voulais pas laisser ma série ouverte. Et donc il fallait la refermer. Que personne ne puisse la reprendre, ce qui n’est pas le cas de Miss Tattoo, au cas où car il y a Elisabetta.

Pour le tome 2 sans trop en dévoiler, on retrouve une secte à suicide collectif déjà dans le 1 ?

C’est un sujet que j’aurais voulu traiter avec Caroline. Les grands sujets de Miss Tattoo je les avais notés pour Baldwin. Le tome 2 c’est la suite de l’enquête qui aura des conséquences politiques réelles. Il y a des implications, des chantages. Mais des surprises. Le tome 2 sortira pour Angoulême 2026.

Un dessin de Caroline Baldwin par Taymans  à son passage au festival de Sérignan ®

Qui pourrait déboucher sur une suite ?

Miss Tattoo va aller se balader en Asie vraisemblablement dans le 3.

Pour la série TV Baldwin, c’est du ferme ?

On en est au développement, de l’argent a été débloqué. Il faut des partenaires. Ce sera une coproduction belgo-franco-canadienne haut de gamme à travers le monde. On voulait respecter les albums en les adaptant. Il faut que les fans BD se retrouvent dans la série.  Six sont déjà prévus pour la première saison.

Hormis les tomes 2 et 3 de Miss Tattoo, autre chose ?

J’ai une autre série, Don, adaptations des romans d’Henri Vernes père de Bob Morane. Une série pour adultes qui voulait concurrencer SAS de Gérard de Villiers dans les années 80. Aventure, sexe et violence. Vernes me l’avait proposé en 2000 mais je voulais adoucir le tout. Après sa mort son secrétaire m’a re-proposé le sujet dont deux tomes sont sortis et un troisième à venir.

 

 

 

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