
On avait lu Les Mantes religieuses, escadron de choc de Louis XI prisonnier de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Une curiosité au demeurant fort sympathique où ce brave Loulou qui à la réputation d’araignée couplée à un serpent à sonnettes n’était pas si méchant. Avec le Louis XI de Makyo, Jean-Edouard Grésy au scénario, Franceso De Stena au dessin on joue dans un autre registre. Cette biographie de l’homme aux cagex de fer est un remarquable travail qui rend justice à un roi dont la réputation a été noircie alors qu’il a été à l’origine d’une France stable que Bourgogne ou Angleterre aurait bien dépecée en ce milieu de XVe siècle. Idée aussi très originale de faire avec précision raconter sa vie par le Duc de Nemours son ami d’enfance qui le trahira au mieux ce qui ne lui portera pas bonheur.

1476 en mars au château de Plessis-lèz-Tours, on apprend à Louis XI que Nemours s’est rendu et a au passage perdu sa femme en couches. Louis ne va pas lui faire couper la tête, il veut un procès équitable pour crime de lèse-majesté. Nemours a été l’ami de Louis et lui a appris les échecs. Deux fois Louis l’a pardonné. Cette troisième fois est de trop. Louis a la France à bâtir et Nemours est trop dangereux. En prime son père Charles VII n’a jamais pu souffrir Louis trop intelligent longtemps demeuré dauphin. On transfère Nemours à la Bastille Saint-Antoine, prisonnier de luxe et le roi lui fait rendre le cahier de ses astuces pour les échecs qu’il lui avait offert. Un conseil de magistrats va l’interroger et instruit son procès. Et c’est à partir de là que Nemours retrace l’enfance de Louis qu’il considère comme son ami et qu’il admire. Son premier souvenir est leur partie d’échecs grandeur nature déguisés en pions. Jacques d’Armagnac duc de Nemours est imbattable à 7 ans et se lie à Louis malgré les réticences de son père précepteur du futur roi.

Une longue histoire sans faille, riche, où tout est vrai et qui redonne sa vraie stature à Louis XI certes pas un tendre mais qui en a « bavé » pour être finalement roi tardivement. Un diplomate qui pourtant sera piégé par Charles le Téméraire duc de Bourgogne, un homme de guerre aussi toujours pour la grandeur de la France et remettre au pas les nobles. « Je suis France », jamais Louis XI ne s’est contredit tout en taillant dans le vif. Pas d’opposition, une guerre avec la Bourgogne, Louis la gagne. Nemours lui y laissera sa tête après une dernière partie d’échecs avec Louis. Nemours avait vraiment en plus pour l’époque dépassé les bornes. Un album qui fait référence, dos toilé, à mettre entre toutes les mains et avec une postface de Joël Blanchard.
Louis XI, l’universelle araignée, Delcourt, 29,95 €

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