L’Île des Riches, le dernier scénario de Pierre Christin

08

Une île au curieux destin non pas à cause de sa population mais de ses origines de cette Île des Riches car Pierre Christin nous en avait parlé en 2022 à Narbonne. Le temps a passé à plus d’un titre, les cartes ont été rebattues et Pierre nous a quitté en 2024. Un vrai coup au coeur, on s’était rencontré pour la première fois au début des années 90 avec Mézières autre ami absent depuis 2022. Pierre Christin avait aussi dirigé l’école de journalisme de Bordeaux et nous proposait à Midi Libre de très bons stagiaires. Donc L’Île des Riches est sortie sur son scénario assistée de Stella Lory avec au final Titwane au dessin plus couleurs qui a signé l’excellent Photographes de guerre. Une île où toutes les grandes fortunes mondiales ont des propriétés incroyables mais avec des baux renouvelables tous les 50 ans. Possibilité donc de changement de propriétaire et un certain Sinclair y vient pour négocier une villa auprès du maître des lieux, Herr Zwingli. Sauf qu’il risque bien d’y avoir un évènement imprévu.

Il débarque dans le Pacifique sur l’île des ultra-riches. Sinclair doit rencontrer son propriétaire, Zwingli qui la lui fait visiter. Il a racheté l’île alors qu’elle avait été dévastée par un ouragan. Une bouchée de pain mais il y a investit une fortune en villas d’exception, du palais indien à une villa balnéaire de la Belle Epoque ou un gros riad marocain. Plus une usine marémotrice souterraine, des éoliennes off-shore. La villa du patron de Sinclair sera la villa Sérendipe à flanc de montagne. Une petite fille s’extasie devant la volière alors que Zwingli reçoit un message, un problème très temporaire. Il confie son invité à Tahitoa qui dans sa voiture scooter continue à lui faire faire le tour de l’île où un cargo décharge nourriture, boissons de luxe, langoustes fraiches. Sinclair fait une pause et reçoit un appel en visio de son patron. Zwingli doit lui régler le cas de Carlo qui vient de faire faillite et ne peux donc plus rester sur l’île, viré du club des riches. Et se suicide. Sinclair se fait expliquer les règles du système de propriété. On est propriétaire 50 ans avec bail renouvelable. Le seul propriétaire de l’ensemble c’est Zwingli. Réception chez les deux plus grandes stars du moment. Au fond de l’océan une faille bouillonne. La Blanca cantatrice de renom est statufiée partout.

Une île où l’argent protégerait de tout, c’est le postulat initial, détaillé. Christin montre les coulisses, les jalousies, la bêtise avec une splendide bagarre à coups de queues de langoustes. Et Pierre fait même de la figuration lunettes sur le crâne. Tout en nuances avec une critique sociale au scalpel dont Pierre a la spécialité. Pour le plaisir on gardera le suspense qui tout au long de l’album va être le moteur de l’action, la faiblesse de l’humain aussi riche soit-il. On a un petit pincement au coeur à titre personnel en lisant cet album. Pierre était un grand monsieur d’une extrême gentillesse. Dessin mi-réaliste de Titwane qui vu le sujet fonctionne bien.

L’Île des Riches, 112 pages, Dargaud, 22,95 €

Votez !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*