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Le Vase de cristal, une mémoire imparable

Une maison à vider après le décès de la grand-mère, classique et très compliqué. Il faut avoir eu à le gérer pour bien comprendre que c’est un vrai chemin de croix avec tous les coups tordus possibles et découvertes improbables. Dans Le Vase de Cristal de Astrid Goldsmith tout se complique. On est en Allemagne, dans une famille juive dispersée et pour laquelle la nazisme a été une réalité dès 1933. Un roman qui fait acte de mémoire et pour cause par une autrice anglaise avec une palette de personnages parfaitement cernés et toujours ramené à l’histoire allemande et à la religion. 

Le grand-père est mort en 2004. Enterré à Fribourg en Allemagne. Onze ans plus tarde c’est la grand-mère Gisela mais 75 ans après voir fui l’Allemagne, il n’y a plus de juifs allemands. Il faut des preuves à Frau Block que Gisela était bien juive. La famille descend à Fribourg selon les traditions. Obsèques, discours, rappel de 1033, de la Nuit de Cristal en 1938. Elle revoit son p§re qui a passé six semaines à Buchenwald et fuit en Afrique du Sud. Astrid sa petite fille se souvient des moments pas simples passés avec elle, une impatiente pas très sympa. Mais la famille n’en pas gardé de bon souvenirs. Mais va faire un tour dans l’appartement pour un premier tri. Argenterie, porte-cigarettes en or introuvable. Les nazis avaient saccagé l’appartement sauf un vase en cristal. L’histoire de la famille est un véritable roman avec ses peurs et ses peines. Les enfants ont fui aussi.  C’est à Astrid que revient de rapatrier le patrimoine familial et vider l’appartement.  Avec son père, elle entame le voyage en van jusqu’à Fribourg, saisissant cette occasion de partager un moment avec lui, de s’en rapprocher. Elle n’a pas évalué l’ampleur de la tâche. Astrid découvre une autre facette de son père, pris dans les vestiges des multiples vies de sa mère juive allemande.

Tout va y passer, les objets, les lettres, les rancoeurs, les tapis mangés par les mites, les photographies mystérieuses, mais aussi les récits de la survie, des membres de la famille. Pas beaucoup d’amour et comment trier, jeter tout ces petits riens qui ont eu tant d’indépandance. Il y a encore des cadavres dans le placard, des secrets de famille longtemps enfouis et de la rancoeur bien enfouie qui va réapparaître. Le sujet est magistralement traité mais très personnalisé donc peut-être éloigné d’un public français. C’est un périple autour du monde assez commun au moins pour ceux qui ont pu échapper à la Shoah.

Le Vase de Cristal, 201 pages, Steinkis, 22 €

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