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Le Souffle du diable, quand la nature mène le jeu

On reste dans l’horrifique après ce même jour Cave Girls. Le Souffle du diable de Ken Broeders fait aussi dans l’angoisse mortelle. Un brouillard venu on ne sait d’où recouvre tout, et pollue, tue. Si en plus on lui donne un coup de main va y avoir des dégâts. Un excellent titre fantastique basé pourtant sur la réalité, l’éruption du volcan sur l’île de Laki en 1783 un brin oubliée. Broeders a monté un scénario très efficace, assez machiavélique et parfaitement dessiné d’un trait réaliste sans bavures. Un bon album maîtrisé et agréable à découvrir.

France en juin 1783, le jeune Benjamin prend une gifle de Madeleine qui lui sert de belle-mère. Elle tient une auberge et Benjamin et corvéable à merci car en plus sa mère était indienne. Charlotte la servante tousse en permanence. Un client Dubois se plaint du gamin. Jean est le mari de Madeleine, un brave type. C’est le père de Madeleine qui a ramené Benjamin des Amériques. Mais il n’est pas considéré comme étant de la famille. Madeleine a promis à son père mourant de s’occuper de l’enfant mais veut que son auberge devienne un lieu luxueux. Une nuit sur le toit Benjamin voit le ciel se voiler. Le lendemain une brume persiste et dure ensuite des jours durants. Elle sent le souffre. Les gens se mettent à tousser, les linges sont tâchés. Les animaux meurent. Benjamin a un seul souvenir de ses origines, un tomahawk qui était à sa mère. Le peuple accuse les aristocrates et les prêtres, d’autres que c’est le souffle du diable qui a ouvert les portes de l’enfer. Madeleine a peur que la violence apparaisse. Benjamin a un doute quant au diable et trouve un cadavre dans une chaumière. Madeleine n’arrive pas à lui témoigner son affection. Jean va prévenir les autorités. L’eau est polluée. Benjamin fait des cauchemars et effrayé lance sa hache contre Madeleine.

Stop, suspense oblige. La violence monte en puissance comme si la brume exacerbait les passions latentes. La nature va s’emballer. Benjamin se retrouve face à un danger mortel. Aventures, thriller, on y ajoute donc ce phénomène climatique venu du Nord qui va décimer les récoltes, créer une famine dont la Révolution sera une des causes futures. La nature avait montré qu’elle était sans pitié et que personne ne pouvait lutter. On est aujourd’hui dans le vif du sujet. Un album qui a toutes les qualités nécessaire. Broeders à de belles cartes en main.

Le Souffle du diable, 64 pages, Anspach éditions, 16,95 €

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