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Rainmaker, toute la pluie tombe sur nous

Rodolphe et Griffo, deux complices de talent de la première heure. Des pros de belle envergure qui cette fois font pleuvoir grâce au Rainmaker, la vie très étonnante de Charles Hatfield. Un sujet à la fois historique et d’actualité en cette période de dégâts climatiques. De l’eau il en a toujours fallu sinon pas de cultures, ni de vie. La pluie n’est pas toujours au rendez-vous ou parfois beaucoup trop. Charles Hatfield avait trouvé une formule pour la faire tomber. Et il en avait fait un job lucratif aux USA à la fin du XIXe et début du XXe siècle. Une histoire incroyable que Griffo a comme à son habitude parfaitement mise en images et Rodolphe écrite en finesse.

Gamin il faisait des cauchemars de sécheresse ou de marée soudaine qui avalait tout. Dans la ferme de ses parents en Californie l’eau manque, il faut aller la chercher, la payer. Plus âgé il raconte son enfance à un journaliste, comment on faisait venir des sorciers ou sourciers. Pour rien. Charles Hatfield fait des études et s’intéresse à la météo, lit beaucoup, comprend le mécanisme de la pluie avec son jeune frère Paul. Ils commencent à faire des expériences mais échecs. Plein de petits jobs, vendeur de machines à coudre. Il tente de mettre au point une formule à partir de composants chimiques. Qu’il ne dévoilera jamais.  En 1894 la chance tourne et il réussit à faire pleuvoir. Il fait une démonstration publique qui fonctionne. Désormais on le paye si il pleut. Une tour, des produits, des fusées et la pluie. Sa formule marche à presque tous les coups. Il connait bien les conditions météos et choisit le bon jour. Sauf qu’il a un problème, il ne sait pas arrêter la pluie et à San Diego il va y avoir comme un gros dérapage humide.

 

On garde le suspense de cette authentique aventure qui a tenté de mettre la nature aux ordres des humains. Y est presque arrivé avec des succès irréfutables. Hatfield était un bosseur, un génie qui avait su exploiter la science de son temps mise de côté par d’autres. C’est un peu comme dans le midi quand on tire des fusées  dans les orages pour éviter la grêle qui détruit les vignobles. Harfield est-il allé trop loin ou a-t-il été dépassé en 1916 à San Diego ville avec laquelle il avait passé un contrat qui a mal tourné noyant 50 personnes ? Du coup il est retourné à ses machines à coudre et à l’anonymat. Un album fort, au sujet rare et maîtrisé qui apporte aussi sa part de philosophie. On ne joue pas avec le feu, enfin la pluie.

Rainmaker, 46 pages, Anspach éditions, 16 €

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