Le Patient, un polar ambigu mais assez prévisible

Six ans de coma, seul survivant du massacre de toute sa famille par sa sœur qui s’est suicidée, il a de quoi avoir quelques troubles du comportement Paul Grimaud, dont un homme en noir qui le persécute. Une énigme qu’aimerait bien résoudre la sémillante et perspicace psychologue Anna Kieffer. Dans Le Patient, Timothé Le Boucher exploite, après son succès avec Ces Jours qui disparaissent, le thème du coupable-innocent, de la victime malgré elle, du meurtre que l’on refoule, du médecin qui risque de prendre fait et cause pour celui qu’il soigne, tout une série de thèmes récurrents. Le scénario cependant très élaboré, travaillé de Le Boucher est pourtant un condensé de polars existants, de films à la base fort semblable. Bien sûr, il y a un suspense assez fort mais qui tient mal à l’analyse si on connait un peu ce gente de récit. On sait assez vite vers où il nous conduit. On sent les influences. Hitchcock est aussi passé par là. Côté dessin, c’est du regard qui tue, du sourire ambigu façon démon ou exorciste. Il y a tous les personnages nécessaires, les rebondissements attendus. En fait, Le Boucher déroule le fil d’une histoire assez prévisible.

Le PatientUn couteau ensanglanté à la main, une jeune fille, Laura Grimaud est arrêtée par la Police. Chez elle, quartier des Corneilles, on trouve toute sa famille assassinée. Seul survivant, un adolescent, le frère de la jeune fille, Paul, poignardé aussi et dans le coma. Six ans plus tard, Paul se réveille mais bien que conscient reste paralysé. La psychologue Anna Kieffer qui a suivi l’affaire en son temps, est mandatée pour l’interroger car il reste le seul témoin du massacre. Commence alors entre elle et Paul un dialogue où il faut avancer à tâtons. Paul qui a connu l’horreur, est effrayé par un homme en noir qui le poursuit dans ses cauchemars ou parfois quand il est éveillé. Anna Kieffer échange aussi avec la médecin chef du service, le docteur Cotteau, qui a des problèmes personnels relationnels. A 21 ans, Paul découvre des sensations inconnues et voudrait savoir pourquoi Anna l’a choisi comme patient. En fait c’est Laura qui aurait dû être sa patiente mais elle s’est suicidée. Il faut que Paul replonge dans ses souvenirs. Il revient sur les difficultés de sa scolarité. Seule Laura le défend à sa façon. Des parents abrutis, une grand-mère envahissante, un cousin qui arrive, Paul malgré tout quand il y repense fait apparaître l’homme en noir.

Le Patient

On progresse pas à pas à la suite de Le Boucher. Bien sûr Paul n’est pas le seul héros, acteur de ce polar. Anna, un flic perspicace qui a bouclé l’enquête au départ, les soignants de cet hôpital ou se joue une sorte de huis-clos, tout et tous ont un rôle à jouer. Paul, ambigu au possible, est-il la pièce maîtresse de l’échiquier et jusqu’à quand. Tout se complique et part dans les extrêmes que l’on a du mal à accepter. Cela fait beaucoup au final. Un Patient qui aurait mérité peut-être plus de simplicité et n’en aurait été que plus attrayant. Même si l’album se laisse lire et découvrir sans problème. Reste qu’un bon polar est un polar auquel on peut croire.

Le Patient, Glénat, 25 €

Le Patient

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