Rien ne s’arrange pour Robert dit Tancrède, ni pour le moinillon Étienne qu’il a enfermé dans une cage. Il y a toujours Harald et Maniakès, le général tout puissant. Dans ce tome 2 d’Ira Dei, La part du diable, Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat poursuivent leur suite sicilienne au Moyen Âge. Mais ils redistribuent les cartes, lèvent une part du voile sur les relations entre Étienne, sa sœur et Tancrède tacticien hors pair pour des victoires à l’arrachée. Du grand spectacle et des fils scénaristiques qui se mêlent, s’écartent pour mieux se rejoindre avec un suspense qui fonctionne bien. Comme le dessin de Toulhoat d’une rare efficacité. La fin d’un premier cycle mais qui en appelle d’autres. Une série phare.
Des histoires de famille qui tournent mal, des manipulations, des trahisons, des morts bien sûr violentes, des batailles terribles et des personnages aux personnalités ambiguës, Ira Dei est un drame épique, romanesque aussi. L’amour est de la fête mais c’est aussi une arme de pouvoir et de dissimulation. Tancrède risque sa peau mais un héros s’en sort toujours. C’est lui qui fait la force de ce diptyque, personnage hors normes et difficile, volontairement, à cerner. Vincent Brugeas a su trouver le profil parfait. Et Ronan Toulhoat lui donner un relief graphique saisissant de vie. On n’oublie pas Étienne, un danger public.
Ira Dei, Tome 2, La part du diable, Éditions Dargaud, 14 €
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