La Guerre d’Audrey, la courageuse future Miss Hepbun

 

Un album d’une extrême sensibilité, celle aussi dont il raconte la difficile enfance en Hollande occupée, Audrey jeune anglaise pas encore Hepburn va vivre pour sa seule passion la danse mais dans un monde bouleversé et cruel en pleine seconde guerre mondiale. La Guerre d’Audrey que l’on doit au très bon scénariste Salva Rubio et à Loreto Aroca pour un dessin très vivant est un hommage fort à celle qui reste une des plus grande actrices anglaises égale de Katherine Hepburn (pas de parenté) et de Bette Davis, des monuments de loin supérieurs aux bimbettes stéréotypées de l’époque, jamais égalées.

Un rôle, celui d’Anne Frank qui a écrit son journal caché sous les toits avant finalement d’être déportée par les Allemands et mourrir. Audrey bien que sa mère insiste n’a pas envie de revenir à cette époque qu’elle a connue enfant. La guerre en 1939 éclate, Audrey revient en Hollande en avion (erreur grossière de dessin avec un bi-réacteur au bruit assourdissant en 39 rattrapée ensuite). Sa mère n’est pas un modèle de tendresse et est persuadée que la Hollande neutre ne sera pas envahie. Arrivée à Arnhem chez les grands-parents qui pensent que les Allemands sont censé. Faux nom pour Audrey devenue Edda qui pleure loin de son père et de ses amies anglaises. Pour ses 10 ans sa mère l’amène voir un ballet et c’est le coup de foudre pour la petite fille. Elle veut ressembler aux ballerines mais la guerre approche. Edda monte sur scène pour offrir des fleurs et annonce au micro qu’un jour elle sera danseuse étoile. Les Allemands arrivent. Les Pays-Bas sont occupés. Son frère Alex passe dans la résistance, on oblige sa mère à loger un officier allemand ce qui lui ouvre des portes, celles de la collaboration. Rationnement, confiscations des postes de radio. Mais on peut encore se déplacer librement en Hollande. Tout bascule, répression, fusillades dont son oncle Otto en 1942. Ecole réquisitionnée, son frère envoyé travailler en Allemagne. Audrey déménage à Velp chez son grand-père. Et grandit, devient une adolescente qui veut faire de la danse classique. Sa mère cède.

Une volonté de fer pour la future Gigi ou My First Lady, un charme incomparable, un engagement social, humain d’une rare force et honnêteté dont son refus de jouer Anne Frank car elle avant connu le même désespoir. Ballerine, difficile avec son physique longiligne mais elle travaille dur, échappe ainsi à la réalité. Sur 107 000 Juifs des Pays-Bas, 102 000 ne reviendront pas de déportation. Audrey assiste aux rafles, devient bénévole dans un hôpital. Même si on pense qu’elle est hollandaise, elle reste anglaise donc une ennemie qui va aussi résister et c’est devant des résistants qu’elle fait son premier gala. La Libération, elle retrouve ses frères, retourne en Angleterre et contactée par les parents d’Anne Frank refuse ce rôle qui lui ressemble trop. Gigi sort au cinéma mais cela est une autre histoire comme celle de son engagement dans de grandes causes humanitaires.

La Guerre d’Audrey, 144 pages, Soleil, 21,50 €

 

Votez !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*