Nous, les morts, toujours plus loin

Du lourd, façon on tire dans tous les sens, on en ajoute et rajoute, façon délirons ensemble mais il faudrait quand même que l’histoire tienne la route. Nous, les morts fait dans l’uchronie, l’historique, le mélange des genres, le zombie en chaleur et immortel, la conquête des continents revisitée. Aux commandes de ce très osé mais étonnant conte sanglant, Darko Macan au scénario et Igor Kordey à qui L’Histoire Secrète a apporté sa notoriété.

Nous, les mortsAu XVIe siècle en Europe la peste c’était de la rigolade. Les populations ont attrapé un virus qui les transforme en zombies mais immortels. De l’autre côté de l’Atlantique, Incas et Aztèques font la fête à grands coups de sacrifices humains. Ils ont inventé des machines volantes et colonisé l’Amérique, les tribus indiennes dont ils ont gardé un seul survivant. Leurs challengers sont les Asiatiques qui eux-aussi volent dans les airs en ballons, ont inventé la poudre et font du commerce. Au passage les Aztèques ont gardé dans un enclos quelques blancs venus il y a longtemps qui sont malades et cannibales mais ne meurent pas. Il ne reste plus aux Aztèques qu’aller voir ce qui se passe à l’Est et traverser les océans avec une expédition pour découvrir le secret de la vie éternelle de ces blancs boutonneux.

Nous, les morts est largement basé sur le dessin de Kordey qui apporte la puissance de son dessin, son réalisme, sa violence aussi à une histoire originale avec cependant des manques ou des raccourcis. Un peu du trompe l’œil. Les Incas vont débarquer en Europe. Ce sera rigolo et sûrement dans la joie et la bonne humeur.

Nous, les morts, Tome 1, Les enfants de la peste, Delcourt, 14,95 €

Les enfants de la peste