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Résistants oubliés, pour défendre leur pays, la France

On a largement tendance à croire aujourd’hui que la seconde guerre mondiale, au moins sa partie européenne, a été une affaire de Blancs. Et pourtant, l’armée française pour ne parler que d’elle (passons sous silence les Américains), la Résistance sur le territoire national ont bien vu des Algériens, des Marocains, des Sénégalais ou des Malgaches, des Indochinois prendre part aux combats. Résistants oubliés leur rend un juste hommage ainsi qu’aux « étrangers », aux immigrés slaves ou espagnols entre autres, qui n’ont pas hésité à donner leur vie pour un pays qui les avaient reçus.

Olivier Jouvray et Kamel Mouellef pour le scénario accompagné par Baptiste Payen au dessin ont tracé dans leur album quelques destins d’hommes maquisards qui ont tous en commun d’être des « indigènes ». Sans, en préambule, ne pas oublier dès 1939 et 1940 leur participation aux combats (500 000 hommes au total) contre l’Allemagne qui n’hésitera pas à les considérer comme des sous-hommes quand ils seront faits prisonniers et souvent abattus en particulier les Sénégalais. Le parcours de Addi Bâ Mamadou est l’un des plus connus. Dès 1940, évadé puis réfugié dans les Vosges il y restera et deviendra l’un des premiers résistants de la région. Arrêté il sera fusillé en décembre 1943.

Il faut aussi se souvenir que ces sont des Tirailleurs Sénégalais qui rejoindront la Division Leclerc de la France Libre, puis les Tirailleurs Algériens ou Marocains, les Goumiers de l’Armée française d’Afrique qui débarqueront en Italie et en France. Enfin, autre exemple de cet album passionnant et qui remet les pendules à l’heure, le groupe Manouchian, celui de l’Affiche Rouge, les M.O.I. de la main d’œuvre immigré dans la région parisienne, tous fusillés.

L’album qui met bien aussi en évidence les conflits internes de la Résistance, les Résistants de la dernière heure, l’unité de façade qui a primé à la Libération où on a laissé commettre des exactions dont on peu enfin parler. Ne pas non plus tomber dans le côté fleur bleue d’une Résistance qui, pour le Parti Communiste n’a commencé qu’à l’invasion de l’URSS par l’Allemagne en 1941 ou des erreurs stratégiques commises de bonne foi comme le maquis du Vercors. Les fiches nominatives qui clôturent l’album sont autant d’hommage mérités et émouvants à ces hommes et ces femmes venues de loin pour défendre la France qui aura tendance ensuite à les oublier. Avec les conséquences que l’on sait en Algérie, Maroc et Indochine.

Résistants oubliés, Glénat, 14,95 €

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