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La Mère vénère, courage fuyons

On la plaint, on se demande comment elle a bien pu survivre car sa vie de mère seule, pour ne pas dire abandonné et de tous, a pu être supportable. La Mère Vénère c’est un constat glaçant sur ce que vit cette maman qui finalement assume seule la gestion de la vie de sa progéniture. Mais en fait n’est ce pas aussi le cas de bon nombre d’épouses heureuses et comblés? Les mecs, et on est bien placé pour le savoir, ce ne sont pas des machines de guerre que rien n’arrêtent. Donneurs de leçons, conseillers extérieur, débrouille toi, tu es sa mère. Alors qu’une maman c’est un rouleau compresseur qui évidemment a des pannes, de la fatigue, de la lassitude et des états d’âme. Camille Besse a rassemble une série de scènes de vie qui ont tendance à envisager le célibat et l’adoption d’un poisson rouge. Bon comme on est plus ou moins concerné par le sujet on a compatit, sourit (pas toujours) à ce mythe de Sisyphe des temps modernes.

Une course perpétuelle, le boulot, les réunions parents profs et un ex aux abonnés absents. Des planches gags, où la gamine joue au papa et à la maman sous la houlette d’un nain qui se croit le patron. Horreur, malheur et pour la mère des rencontres à dommages collatéraux. Les couples recomposés c’est la régle, faut prendre le package. Courage fuyons. Mort aux princesses qui ne servent à rien maison mais on achète quand même la belle robe. Working girl et tout gérer, courrier, papier toilette, le repas qui crame, la baby-sitter, le collier de pattes pour bonne conduite. Une Jeanne d’Arc qui aurait enfanté, la mère vénère, un sainte à laquelle il sera beaucoup pardonné. Répondre aux question débiles du style et pourquoi le ciel est bleu ? On s’en fout du ciel la môme. Mange ou demande à Chat GPT. L’enfant roi c’est fini, ça aura fait des dégâts dans une société qui ne sait plus où elle habite.

Des monstres ces mômes, des Docteur Jekyll qui ne cachent même plus leur jeu. Parents c’est soit un sacerdoce, soit un renoncement. Et la fin c’est l’Ehpad sans visite. Il faut se révolter, dompter les fauves et seule ce n’est pas gagné car on assume de plein fouet le tir ennemi. Pas possible de dire va voir ton père. Camille Besse fait dans le concret, le vécu. Un album à lire par toutes pout comprendre et surtout éviter les dérapages. Mais les enfants, les petits-enfants aussi quel bonheur. On ne s’en remet pas au moins pour les générations élevés d’une main de fer sans gant de velour.

La Mère vénère, 88 pages, Glénat, 14 €

 

 

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