Jirō Taniguchi est le chroniqueur de l’instant. Il est le plus franco-belge des dessinateurs japonais. Son style l’a fait reconnaître et apprécier en Europe parmi tous les mangakas, nombreux, qui alignent dessin à la hache et scénario sans fin. Enfin pas tous quand même. Ligne claire appuyée, sobre mais sans défaut, le dessin de Taniguchi est un long fleuve aux récits intimes et précieux. L’auteur de Quartiers lointains sera cette année à Angoulême où Jirō Taniguchi sera l’un des principaux invités du 42e Festival, à l’occasion d’une rétrospective inédite de son œuvre. A cette occasion plusieurs titres sont soit réédités, soit édités. Trois sont particulièrement à découvrir ou à relire.
C’est Casterman qui a fait découvrir l’œuvre de Jirō Taniguchi. Il y a une vingtaine d’années paraissait L’Homme qui marche qui vient de ressortir dans une nouvelle livrée. Un homme qui prend son temps comme jamais un occidental ne l’aurait fait ou ne le fera. Qui est cet homme ? Il vient juste de déménager, n’a pas vraiment d’horaires. C’est un contemplatif dont on suit les balades au gré de son humeur toujours sereine. Taniguchi n’en a pas fait un bavard. Rêveries d’un promeneur solitaire ? Rousseau aurait-il inspiré Taniguchi ?
L’Homme qui marche, Casterman, 14,50 €
Toujours chez Casterman, la suite des Contrées sauvages. Autre registre plus manga que ce à quoi le public francophone était habitué. Récits d’aventures, de chasses, d’obsessions, une anthologie qui recouvre les histoires courtes de Taniguchi de 1975 à 1986. On retrouve déjà ce dessin appuyé et très souple qui sera la marque incontournable du talent de Taniguchi. L’action se déroule sur tous les continents.
Les Contrées sauvages, Tome 2, Casterman, 13,95 €
Dernier titre mais cette fois chez Rue de Sèvres, Tomoji, la vie d’une petite fille qui, après des épreuves qu’elle affronte avec courage, trouve un amour de circonstance mais authentique. On est dans les années vingt. Le Japon a des traditions ancestrales qui s’appliquent à tous et en particulier le culte de la famille. Tomoji est parfaite, courageuse, jolie. Sa vie est tracée. Elle devient couturière en kimonos après avoir élevé frère et sœur. Jirō Taniguchi est dans son élément. Le parcours est tracé, joies et peines se succèdent. Les dialogues sont empreints de sobriété mais aussi d’émotion et de tendresse.
Elle s’appelait Tomoji, Rue de Sèvres, 17 €
Au total trois titres qui forment un écrin intelligent à l’œuvre de Taniguchi dont l’exposition à Angoulême est à voir absolument.
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