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Le Mur, l’Éden n’est plus ce qu’il était

Un contexte connu, celui d’un monde où tout est dévasté après un conflit ou autre catastrophe apocalyptique. Un frère et une sœur ont pour but d’atteindre le Mur qui borne leur territoire, une forteresse gardée par des robots tueurs mais dernière étape avant peut-être l’Éden, le bonheur. On aurait pu croire que Mario Alberti, d’après une idée de Antoine Charreyron de ce qui aurait dû devenir un film, allait tracer la route de ses personnages dans un déjà-vu mis à jour façon Mad Max. Erreur car, même si bien sûr, on retrouve des points de ressemblances avec d’autres titres, il y a dans cette quête de quoi surprendre, étonner et séduire aussi bien sur le plan scénaristique que graphique.

Eva et Solal errent dans les ruines d’une mégalopole. Ils tombent sur un type armé en panne avec son minibus. Solal lui propose de réparer le véhicule et lui annonce qu’ils marchent vers le Mur, vers l’Éden. Ce qui panique leur interlocuteur au moment même où une meute de chiens sauvages les attaquent et le tuent. Eva et Solal se réfugient dans le van avec lequel ils quittent la ville. Mais Eva a besoin de médicaments. Ils arrivent dans une zone tenue par une bande armée, BASTARD à qui aurait appartenu le véhicule. Solal, pour protéger sa sœur va devoir exercer ses talents et mettre au point des appâts mécaniques pour tromper la surveillance des gardiens du Mur.

La réalité pourrait bien être très différente de ce qu’il y paraît. Et c’est là toute la subtilité de cette histoire à géométrie très variable. Autant dire qu’on va aller d’étonnements en retournement de situation. Même le paradis peut être pavé de mauvaises intentions. Alberti (Cutting Edge) a fait le bon choix et montre qu’il est à la hauteur de cette œuvre ambitieuse, à grand spectacle qui, c’est vrai, aurait pu faire un grand film. On va suivre dans la suite le destin insoupçonné de Solal et Eva qui ne sont pas au bout leur peine et les lecteurs au bout de leurs surprises. Un dessin généreux.

Le Mur, Tome 1, Homi homini lupus, Glénat, 15,50 €

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