Berlin sera notre tombeau T2, dernières cartouches pour les SS français

On avait interviewé Michel Koeniguer il y a un an pour le tome 1 de Berlin sera notre tombeau. Dans le tome 2 on est encore plus près de la chute de la capitale du Reich. Les Russes sont partout et les SS français de la Frankreich issue de la LVF, puis la 33. Waffen-Grenadier-Division der SS Charlemagne se font tuer les uns après les autres, tirent leurs dernières cartouches. On n’est pas dans un simple album d’action sur la seconde guerre mondiale. Le sujet a été tabou très longtemps en France. Les SS français ont bien existé, le plus souvent volontaires pour aller se battre sur le front de l’Est, le cas de la Charlemagne, parfois dans des unités SS allemandes comme la Das Reich, rarement enrôlés de force sous statut alsacien. Koeniguer a romancé mais tous ce qu’il raconte sur un dessin d’une rare précision, matériel, uniformes, décors est basé sur des faits exacts. Une vraie reconstitution historique sur un sujet complexe de notre Histoire car ce sont bien des Français qui ont été parmi les derniers défenseurs de Berlin.

Depuis 1942 à Paris Christian a fait du chemin. En 1945, dans Berlin sous les obus et les bombes alliées les SS de la Charlemagne se battent dans les rues, les caves. Les chars russes n’ont plus en face d’eux que quelques panzers et des fantassins, SS ou pas, des gamins de la Hitlerjungend. Les Français tentent de se regrouper, sauver leurs blessés, les tireurs isolés dans les immeubles. Mais une section est coupée des autres et tombe sur un prisonnier de guerre français captif depuis 1940 qui a du mal à concevoir des compatriotes sous uniforme SS. Direction la Place de la Belle Alliance (qui a changé de nom en 1947). Des survivants du groupe d’armée Wendling ont accompagné leur capitaine pour tenter d’exfiltrer sa femme de Berlin.

Une succession de destins individuels, de solidarité aussi, de combats au corps à corps sans la moindre pitié, c’est la chute de Berlin chasse gardée soviétique et de Staline, vu au niveau du simple fantassin qui va se battre jusqu’au bout. On a déjà dit qu’on ne peut pas prendre cet album au demeurant nécessaire, bien fait, très fort, comme un simple récit de guerre, ni évidemment comme un panégyrique. Il amène à réfléchir sur ces extrêmes qui vont s’embarquer au sens propre avec armes et bagages dans une cause sans retour. Le tome 2 est très puissant en tout point et le travail de Koeniguer sans faille. On attend le dernier album de la trilogie. Un tirage limité à 300 exemplaires a été réalisé en grand format noir et blanc.

Berlin sera notre tombeau, Tome 2, Furia francese, Paquet, 14 €, version grand format noir & blanc, 29 €