Berlin sera notre tombeau T3, apocalypse finale

Un garçon charmant, passionnant, un grand professionnel Michel Koeniguer qui nous a quitté bien trop jeune. On l’avait souvent rencontré, interviewé. En particulier pour Berlin sera notre tombeau qui raconte le combat désespéré des Français volontaires engagés dans la SS. Un sujet difficile, délicat à plus d’un titre que cette aventure idéologique sous l’uniforme nazi de la division Charlemagne dont un bataillon se battra jusqu’au bout dans les ruines de Berlin en avril et mai 1945 non loin du bunker d’Hitler. Koeniguer en a reconstitué tous les détails avec une précision qui s’appuie sur les faits, des témoignages, sur des parcours d’hommes divers. Il a ajouté sa part romancée à ce sujet « tabou », complexe et passé aux oubliettes de l’Histoire. Michel avait signé une vingtaine de planches de ce tome 3, Les derniers païens, avant de décéder. Vincenzo Giordano a pris sa suite pour finir l’album avec un vrai talent qui ne trahit en rien l’œuvre de Koeniguer et lui rend un bel hommage.

Paris 1943, les beaux jours de la Collaboration. Claudel, journaliste, est convoqué à la Carlingue, chez Laffont, la Gestapo française. Deux ans plus tard, il est à Berlin dans les ruines sous uniformes SS. Ils sont une poignée de Français à se battre contre les Russes. De cave en cave, ils résistent, piègent les blindés soviétiques, font des actions commandos, se replient et tombent sur des tueurs de la Gestapo qui font la chasse aux déserteurs alors que la guerre est perdue. Rabaux est blessé, Piazek est mort. De Varennes, Leroy rejoignent le groupe dans un décor d’apocalypse qui dégage par les grandes avenues berlinoises. Le jeune Sepp de la Hitlerjungend est toujours avec les Français. Mais tous savent que c’est la fin.

Le combat des Walkyrie, dans cette palette de destins qui vont se briser dans l’enfer de Berlin. Michel Koeniguer a en fait une sorte de reportage où rien ne manque, d’une rare exactitude uniformologique, matériel, décors. Son dessin très fort, réaliste rend à la fois pathétique mais humain les visages de ces hommes qui vont aller au bout de leurs idées. On peut en penser ce qu’on veut, il n’en reste pas moins que la mort a été leur seule compagne. Koeniguer a fait un travail nécessaire sur ce voyage aux enfers ou l’avant dernier pour d’autres sur sous des cieux plus lointains encore. Son dernier album. Merci Michel. A noter qu’un coffret spécial avec l’album plus une cale a été publié par canal BD.

Berlin sera notre tombeau, Tome 3, Les Derniers Païens, Paquet, 14 €
Berlin sera notre tombeau, Coffret Tome 3 + Cale, Les Derniers Païens, Canal BD, 19 €
Berlin sera notre tombeau, Coffret 3 tomes, Paquet, 47 €

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