Albums

Frangipane, le psychopathe de la galette

Une galette baladeuse, à quelques jour de l’Epiphanie c’est de saison. Et la galette c’est à la frangipane d’où le titre de circonstance pour cette charmante et déjantée comédie signée par Hervé Bourhis. Autant le dire de suite, Frangipane est sous la coupe amicale, visuelle, dialoguée de Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui qu’on adore. On y ajoute Michael Lonsdale qui a inspiré le père du héros, un grincheux. C’est un bonheur rare qui on le souhaite présage d’une année riche en bons titres. Bourhis c’est du gâteau ou de la galette, au choix et son dessin de la bonne frangipane.

Un reportage sur Footix, mascotte de la Coupe du Monde de foot 1998. On en fera même une fève. Jérôme à Bordeaux récupère sa soeur Adèle à la gare. Jérôme est surbooké, branché et a un vocabulaire hermétique. Se pose le problème de la galette. Il faut en acheter une en ce début janvier. Adèle n’a pas eu le temps. Elle s’est fait piquer la dernière par une petite vieille pleurnicheuse. Adèle en prime fait le dry january, pas d’alcool. Reste leur père qui ne dit plus rien. Il boude. Jérôme a une fille, Cerise et une femme Agathe. Adèle milite et on manifeste avec manifestations violentes. Tout va mal et à Bordeaux on fait dans le royaume pas dans la galette. Adèle croise une copine en faisant les boulangeries et à table le patriarche continue à se taire. Et la galette alors ? Pénurie d’amandes pour cause de guerre en Ukriane, on compense avec la Poire 1974. Noël, la famille s’en moque mais la galette des rois s’est sacré. Défit, le frère et la soeur ont 24 h pour en trouver une. Certise en profite pour plonger dans les souvenirs familiaux et son grand-père lui donne 500 euros. Pour Adèle la seule solution qui reste ets de la faire la galette. Elle a tout ce qui faut ou presque. Les amandes bien sûr. Demander aux voisins ? Son frère pète un plomb dans une boulangerie, se fait virer et croise une jeep de fachos qui patrouillent. Il ne lui reste plus que casser une boulangerie.

Bourhis enchaîne les situations les plus cocasses. La chenille qui redémarre, un petit coup de gaz hilarant, stand-up improvisé et Footix qui réapparait. Les CRS chargent, le RN monte. On flirte avec la course à l’échalote, chacun pour soi, idem pour la frangipane. Bacri était effectivement l’acteur rêvé pour cette peinture acide et citronnée de notre vie. On y retrouve le président chapelier fou et sa dissolution. Bourhis a réussi une galette parfaite bourrée aussi d’humour, barrée à souhait. On en redemande une autre part. Et on regrette Bacri disparu en 2021 auquel Frangipane rend un bel hommage.

Frangipane, 88 pages, Glénat, 18 €

 

 

 

Partager

Articles récents

Je suis la dernière elfe, l’éternité, c’est long

Oreilles pointues et millénaire avec un look de gamine, la dernière elfe en a ras…

26 mai 2026

Pump T2, tourtereaux machiavéliques

Dans le tome 1, il a fait son trou Eddie dans un patelin qui ne…

26 mai 2026

Manga Le retour de Usamaru Furuya chez Kitsuné

Troublant, fascinant, impossible à lâcher, Usamaru Furuya l’auteur du manga Litchi Hikari Club revient avec une…

25 mai 2026

Cometa prix de la ville de Sérignan et un festival 2026 qui a fait le plein

Et voilà un Festival de Sérignan de plus avec la foule des grands jours, un…

25 mai 2026

Ralph Meyer expose chez Maghen du 27 mai au 20 juin 2026 à Paris

Avec le printemps, l'été qui approche les expositions BD se multiplient. C'est au tour d'un…

24 mai 2026

Un Espoir sans papier, le cauchemar d’une vie

Une rencontre à la fois improbable et qui pourtant s'appuie sur une actualité désormais bien…

24 mai 2026