Le western n’arrête pas de faire des petits. Tout chaud sorti des grandes plaines, voici Jusqu’au dernier. Cette fois on est dans le sombre, le violent, le tragique. On aurait bien dit, au départ, qu’on allait chevaucher dans un registre traditionnel, les bons d’un côté, les méchants qui auraient un destin funeste, du solide bien cadré. Même le titre pouvait prêter à confusion. Et bien non, erreur. Jérôme Félix au scénario et Paul Gastine, au dessin d’une rare qualité, ont brouillé les pistes et sorti un petit chef d’œuvre, soyons fou, qui marque d’une certaine façon un tournant en BD comme Sam Peckinpah en son temps sur grand écran. Des paysages superbes et des personnages shakespeariens, mais la mort et la peur sont au rendez-vous.
On n’en dit pas plus, si ce n’est qu’on est très vite pris aux tripes. Rine ne se passe comme on aurait pu croire. Le dessin est bluffant, maîtrisé, puissant, digne des grands noms du western mais aussi de la BD en général. On se souvient de L’Héritage du diable qu’il avait dessiné mais avec Jusqu’au dernier, Gastine joue dans une autre catégorie. On pense parfois à Blanc-Dumont pour la rigueur graphique. Le scénario est lui-aussi d’un haut niveau, diabolique et humain à la fois. On a un coup de cœur pour cet album haut de gamme. Impossible de ne pas être conquis et ému. Et puis Sundance où tout se joue, c’est aussi là où se tient le festival de cinéma créé par Robert Redford.
Jusqu’au dernier, Grand Angle, 17,90 €
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