Pause, Fabcaro met tout à plat

Comment gérer le succès ? La gloire est-elle une fatalité écrasante dont on a du mal à se remettre ? Un petit coup de blues Fabcaro après le très beau et mérité succès de Zaï Zaï Zaï Zaï (Six Pieds sous terre) ? Allez c’est le contre-coup bien naturel, comme après une naissance, tiens. Et comme il a un humour énorme, à la mesure de son talent il a fait une Pause (La Cafetière) dans laquelle ce grand spécialiste de l’autobiographie, avec le sourire, se moque un peu de lui, de ses états d’âme, le tout sur fond d’inspiration en berne. Ou presque, on se rassure.

Pause Désabusé l’auteur. En plus son inspiration est aux abonnés absents. On lui colle un remplaçant à gros sabots qui s’en fout royalement de ses interrogations existentielles. Un intérimaire. Discourir sur le succès, ça va, ça vient. Bougez pas, on gère. Et si on mettait sur les nouveaux bouquins un bandeau « par l’auteur de Zaï Zaï Zaï Zaï ». Authentique et il en a parlé Fabcaro pendant la rencontre-débat sur l’édition alternative pendant la Comédie du Livre à Montpellier. Un alibi ? A croire qu’ensuite, après un titre qui a cartonné, on peut proposer n’importe quoi à un éditeur. Sollicitations, conseils familiaux, la peur de mourir ? Même Woody Allen est du casting et a dit « Je fais un film par an pour ne pas penser à la mort ». Comme en plus Fabacaro a un petit côté hypocondriaque, il n’est pas sorti de l’auberge.

Il touche à tout Fabcaro dans le bouquin et mine de rien se livre en rigolant plus ou moins, avec pudeur, émotion. De la dérision, un exercice de style sincère où on sent quand même que, oui, le succès n’est pas toujours simple. D’autant que comme le dit Fabacaro, c’est grâce avant tout aux libraires qui ont aimé Zaï Zaï Zaï Zaï que ça a marché. On ajoute le bouche à oreille des lecteurs et ensuite les médias qui ont un peu pris le train en marche. Alors Pause (auquel on souhaite un bel avenir) pose à plat mais en finesse le tout sur la table. On rit, on découvre aussi qu’il admire Romane Bohringer et se méfie des coquilles d’œuf. Il évite les omelettes. Pas un peu compliqué le Fabcaro ? On lui pardonne et on attend vite Zaï Zaï Zaï Zaï 2, le retour.

Pause, Éditions La Cafetière, 13 €

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