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De La Gaffe à Dracula pour Noël

Deux pavés enfin un plus lourd que l’autre au sens propre du terme. La réédition de Et Franquin créa La Gaffe est un monument introuvable, incontournable, dont on salue la rédemption et qui fait bon poids. Pour Dracula de Georges Bess d’après Stoker on est dans le style cerise sur la gâteau avec une nouvelle édition augmentée. Deux titres qui ouvrent le bal des beaux cadeaux de Noël.

Pour Et Franquin créa la gaffe, c’est un comme la Bible. Il y en a une et pas plus. Numa Sadoul et Franquin s’étaient beaucoup parlé en 1985. Pour accoucher de ce titre de référence qui avait fait date, un OVNI mythique qui disait à peu près tout et par lui-même sur le père adoptif de Spirou, créateur du Marsupilami et autres Idées Noires, sans oublier le génial Gaston, Sadoul avait discuté avec talent pendant des jours avec lui. Franquin éternel inquiet et jamais vraiment satisfait se livrait. Isabelle Franquin en signe la préface. On est de retour aux côtés de Franquin chez lui avec une discussion en toute liberté, à bâtons rompues. Sadoul parle du Franquin à-la-bonne-franquinette, des origines à 1985. Illustrations intimes, des rappels de Jijé, Martin, des documents originaux sur 400 pages. Franquin est en direct et relire aujourd’hui ces confidences est un vrai plaisir teinté d’émotion pour ceux entre autres qui ont connu les belles années Franquin, de Zorglub à La Gaffe second rôle de Spirou. Doux, chaleureux, un peu triste parfois, sincère, ce pavé est un moment unique dont on ne peut que remercier Sadoul et dont la réédition lui ouvre un nouveau public pour mieux apprécier encore Maître Franquin.

Et Franquin créa la gaffe, Les entretiens de 1985, Glénat, 39 €

Dracula de Stoker a été maintes fois visité par des auteurs de BD. La version de Georges Bess est l’une des plus riches, envoûtantes. Curieusement en 2019, Bess avait sorti son album en même temps que celui de Mignola réédité. Peu importe car les ambiances, le trait, le découpage et les prises de vue sont incomparables avec la version de Bess. On avait parlé de vision somptueuse, au trait noir et blanc qui affirme un style gothique inédit. La nouvelle couverture est signée par Georges et Pia Bess. On aura en plus quinze pages inédites dont une nouvelle L’Invitée de Dracula et des dessins préparatoires. Bess a su restituer à la fois l’angoisse, l’ambiguïté voulue par Stoker. Son Dracula est un défi grandiose réussi, écrasant de beauté pourtant avec des personnages d’une rare richesse, tous prenants et indispensables auxquels Bess donne âme et vie malgré tout. Un vrai chef d’œuvre à lire et relire.

Dracula, Glénat, Édition définitive, 27,50 €, Édition prestige, 39 €

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