Jour J T33, si les USA n’avait pas eu la bombe

La suite et la fin de Sur la route de Los Alamos, le T32 de Jour J. On y découvrait les états d’âme du célèbre Oppenheimer qui ne voulait pas que l’atome serve à des fins militaires et prenait la fuite du centre de Los Alamos où on préparait les bombes de Hiroshima et Nagasaki. Sur sa route il tombait sur un mythe de la littérature US, Jack Kerouac. Dans Opération Downfall, il va avoir du monde à ses basques le savant atomiste car sans lui pas de bombe à balancer sur le Japon qu’il faudra alors conquérir mètre après mètre face à une population jusqu’au-boutiste. Un à priori intéressant, déjà dans le tome précédent, avec au scénario Fred Duval, Jean-Pierre Pécau assisté de Fred Blanchard avec Denys au dessin et Scarlett Smulkowski aux couleurs. Cette suite est parfois moins convaincante par le mélange et la confusion des personnages qui interviennent dont une fois de plus l’inusable Kim Philby ajouté à une URSS qui envahit le Japon, ce dont elle aurait été incapable.

Jour JEn 1945 à Santa Fe, l’URSS active ses espions dormants pour récupérer Oppenheimer qu’ils savent s’être enfui de Los Alamos. Ils espèrent ainsi devancer les USA dans leur projet de bombe atomique. Kerouac, Oppenheimer et Cassady se retrouvent chez William Burroughs, un autre écrivain un brin cintré et détective privé. Dans la chasse s’inscrit désormais le FBI en la personne de son patron Egdar Hoover et son amant Clyde. Hoover magouille avec le parrain de la maffia Frank Costello qui lui dit où est Oppenheimer. Mais il joue sur deux tableaux le truand et renseigne aussi les Soviétiques. Les chiens sont lâchés et la cavale commence. Pris entre tous les feux, les trois hommes ne savent pas qu’en prime un certain Elliot Ness est lui aussi sur leur piste. Mais dans quel but ?

Le scénario sur la partie thriller est assez convaincant même si évidemment la possibilité que se croisent autant de personnages connus et d’intérets divergents soit difficilement plausible en 1945 aux USA. Reste par contre la vision de ce qu’aurait être l’invasion terrestre du Japon par les Marines, l’Opération Downfall. Un bain de sang qui pour les Américains justifiait les bombes lancées sur l’archipel. Ce qui est vraisemblable. Mais que l’URSS qui avait d’autres chats à fouetter en Europe occupée avec ses futurs satellites et dont l’armée était éprouvée, tributaire aussi de l’aide américaine envahisse le nord du Japon, c’est beaucoup plus difficile à croire si ce n’est fantaisiste. Distrayant tout ça tout de même et on n’en demande pas plus finalement.

Jour J, Tome 33, Opération Downfall, Delcourt, 14,95 €

Opération Downfall