Dans les forêts de Sibérie, vers la paix de l’âme

Un retour sur un ouvrage mis de côté qui parle du bonheur retrouvé, d’un ermite à la recherche de valeurs simples, de petites joies loin du tumulte artificiel d’un quotidien agressif, Virgile Dureuil pour son premier album a mis en images le livre de Sylvain Tesson. Dans les forêts de Sibérie est un beau face à face, une balade intérieure dans une nature indifférente et souveraine. Rien de sensationnel dans ce récit, pas de combats épiques si ce n’est contre soi-même, pour mieux se redécouvrir et atteindre une paix intérieure, assouvir un vieux rêve. Et être capable d’aller au bout.

Dans les forêts de Sibérie

Le lac Baïkal, le cap des Cèdres du Nord, autant dire le bout du monde, pas un chat dans un rayon de 100 km. Quand il fait ses dernières courses à Irkoutsk, Sylvain Tesson se prépare à vivre son rêve commencé sept ans avant, en 2003, lors d’un premier séjour. Vivre dans une cabane mais pas au Canada. Son home ce sera un ancien abri de géologue, dans une clairière, pas vraiment un 5 étoiles. Pour un apéro, il doit faire cinq heures de marche vers le nord, une journée vers le sud, dans la neige. Alors il embarque un bon stock de vodka, des cigares et une bibliothèque complète. De quoi, comme il dit, remplir son propre vide. Des braconniers, des gardes-chasses, des ours, allumer le feu, vital, il va apprendre d’abord à survivre. Son ordinateur a implosé de froid. Le temps s’est couché à ses pieds. Il est libre parce que ses jours le sont.

Dans les forêts de Sibérie

Pas d’emphase, ni de grands mots, mais des constats, des petites aventures du quotidien, pas faciles, parfois dangereuse dans un environnement qui ne pardonne pas les erreurs, Tesson raconte en voix off et Dureuil dessine tout ce que va vivre l’ermite, ses rencontres, les anecdotes qu’on lui confie. Les mois passent, les saisons et même son amour. Comment ressort-on d’une telle expérience, le retour à la civilisation ? Un album qui donne envie de lire le livre de Tesson mais qui se suffit aussi à lui-même par sa force évocatrice, poétique et humaine.

Dans les forêts de Sibérie, Casterman, 18 €

Dans les forêts de Sibérie

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