La Ballade de Dusty, les Hobos sur les rails

La Grande Dépression, les USA des années 30 où chômage et misère oblige des populations entières à migrer à travers le pays pour trouver un job. Dans ce diptyque on va suivre la Ballade de Dusty qui ne sera pas de tout repos. Un paternel qui s’est fait la malle, une maison mise aux enchères, Dusty a décidé de prendre son destin en main, gamine ou pas. Aurélien Ducoudray (Clichés de Bosnie) au scénario et Gilles Aris que l’on retrouve avec plaisir après Le Vieux Ferrand tracent au scalpel le portrait d’une Amérique dont le rêve à l’époque est exclu. Une jeune héroïne digne de Mark Twain, sympathique et courageuse, dont on suit les aventures drôles et émouvantes, violentes aussi.

La Ballade de DustyDusty, dix ans, et sa famille sont expulsés de leur maison et doivent aller habiter chez des voisins généreux. Mais elle décide de partir sur les traces de son père, direction Washington où il serait allé manifester. Elle rencontre un jeune garçon débrouillard, Billy, avec qui elle gagne quelques dollars en chantant. Ensuite ils sautent dans un train mais les places sont chères pour les hobos, ces vagabonds qui traversent le pays dans des wagons à bestiaux, sans payer bien sûr et enclins à la violence et à la merci de là répression. Heureusement pour Dusty et Billy, Bertha, une force de la nature les prend sous sa protection. Tous les trois ils cherchent Steamboat Willie et le retrouvent dans un camp hobbo. Mais Steamboat s’est fait un ennemi mortel avec le shériff Bill Palmer. Dusty s’habille en garçon pour mieux passer inaperçue.

Bertha wagon à bestiaux

Ducoudray a particulièrement bien rendu l’ambiance de la Dépression en s’intéressant aux photographes qui en font des clichés saisissants. On se souvient de cette famille photographiée par Dorothea Lange qui apparait dans la BD. Dusty va s’initier à la photo. Elle va avoir aussi une drôle de surprise en croisant la route de Bonnie et Clyde. La suite de son périple mouvementé sera dans la fin du diptyque à la fin de l’année. Aris affirme son coup de crayon et Ducoudray, sur un sujet déjà souvent exploité, a su tirer son épingle du jeu. On l’aime bien cette Dusty.

La Ballade de Dusty, Tome 1, Bertha wagon à bestiaux, Grand Angle, 14,90 €