Hit the road, et ne reviens plus jamais

Un polar signé par Dobbs, un road movie, tout feu tout flamme, dans lequel la bande son est une petite merveille. Un duo-trio de redoutables vont se rencontrer avec un but commun sans un instant vouloir éviter une production effrénée de cadavres. Dans Hit the Road, route 50 dans le Nevada début années 70, sous le crayon efficace de Khaled au dessin, pas question de faire dans le détail. L’embrouille bien tordue, c’est mieux. Dobbs a laissé provisoirement la grande Histoire, une autre de ses spécialités, pour celle d’un quotidien en noir total bien balancé avant d’y revenir à la rentrée dans la cuvette de Diên Biên Phu en 1954. 

Hit the road

Elle se fait faire son premier tatouage dans une gargote et au passage se renseigne sur un toubib pas trop regardant vu son état. Vicky, une jolie brune, est une convoyeuse qui trimballe de la came entre autres pour sa mère et sa grand-mère. On fait dans le meurtre et la dope de mère en fille. Famille avant tout et cette fois dans le coffre il y aurait peut-être de quoi se refaire une virginité. A tout niveau. Sauf qu’il y a aussi deux frères, Joe, et Clyde qui sort de taule. Eux, ils ont un compte à régler avec la grand-mère de Vicky, Granny. Quant à celui qui les renseigne, malgré son répondant brutal, ils vont le transformer en steak tartare.

Hit the road
Clin d’œil

Dobbs joue dans la cour d’un scénario proche des meilleurs films du genre qui ont vu le jour à cette époque, Inspecteur Harry, Le Flingueur ou Guet-apens avec Steve McQueen. On en sent l’empreinte et l’influence dans son Hit the Road aux mortels rebondissements et à l’intrigue bien cadrée pétrie quand même de quelques bons sentiments. Le dessin de Khaled (Time Lost) aurait mérité un peu plus de chaleur graphique (ordi ou pas ?). Il est cependant à la hauteur de ce one-shot qui tient bien la route de cette Amérique profonde qui ne change pas.

Hit the Road, Comix Buro, 14,95 €