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Les Tuniques Bleues Tome 68, usurpation d’identité

Un exemple incomparable de longévité, les Tuniques Bleues épuiseront Willy Lambil et les dessinateurs qui se relaient à son chevet. Fred Neidhardt a signé le scénario pour le dernier tome. On en est au 68e album, De l’or pour les bleus. On dira que même si sentimentalement les Tuniques sont chères à un large public inter générations, si aussi en prime leur prépublication dans Spirou leur assure un lectorat fidèle, elles ont un brin tendance à tourner en rond. Blutch et Chesterfield n’ont pas pris une ride depuis Un Chariot dans l’Ouest et traversé des aventures édifiantes souvent à base historique. Cette fois encore les Bleus et les Gris du Sud sont face à face. Mais bien malgré eux c’est le duo terrible qui va en voir de toutes les couleurs et semer la panique.

Ils chevauchent tranquilles les deux copains unis pour le meilleur et pour le pire quand ils tombent sur deux Sudistes abattus par une troupe d’agresseurs masqués. Tout juste le temps d’entendre les derniers mots d’un sergent Carson qui demande qu’on donne à sa fiancée Scarlett sa médaille. Dont acte car en plus il trouve une lettre avec l’adresse de la belle. Cornelius a bon cœur et part au Texas sauf que sous leurs uniformes du Nord en zone sudiste ça craint. Plus d’uniforme, un poncho et les deux Bleus se font arrêter dans un village. On prend Chesterfield pour Carson et Blutch pour le lieutenant Donovan mort avec lui. Ils se disent en mission secrète et on leur colle dans les pattes le caporal Lee fils de son père flanqué de son ordonnance, un soldat noir. Leur mission est de récupérer 750 000 dollars en or en un lieu convenu. L’or aidera à la victoire des Confédérés. Sauf que les Bleus n’ont aucune idée du lieu de rendez-vous.

Quiproquos, usurpations d’identité, esclavage et ségrégation, rôle ambigu du Nord, les deux Bleus comme souvent sont des témoins impuissants d’évènements qui les dépassent. Ils sont en plus gaffeurs et pas doués. Les méchants n’ont qu’à bien se tenir. Chesterfield est encore plus abruti que la moyenne mais on l’aime bien dans sa naïveté incontrôlée et incontrôlable. Quant à Blutch on se demande bien pourquoi il n’a pas encore réussi à déserter. Cela pourrait être un bon scénario à venir de le voir rentrer chez lui. Willy Lambil toujours et encore au dessin. Neidhardt s’en tire très bien de façon classique pour le texte. Pour le reste on se divertit mais sans vraies surprises.

Les Tuniques Bleues, Tome 68, De l’or pour les Bleus, Éditions Dupuis, 12,50 €

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