
On le dit depuis le début, ces Chroniques diplomatiques ont des attraits certains. De l’Histoire mais en sous-main, celle des ambassadeurs, du Quai d’Orsay, des envoyés spéciaux, tout le contraire de ce que nous fait vivre le magnat bronzé de la Maison Blanche bien loin d’un Dulles ou d’un McNamara. Cette fois on part en Chine en 1955 où la tension monte. Taïwan l’île de Tchang Kaï-Chek que le grand timonier Mao verrait bien revenir dans l’espace de la Chine communiste déjà comme aujourd’hui. Rien de nouveau donc et les deux héros Jean d’Arven et Jacques Franchon vont avoir à gérer l’avenir des derniers biens français en particulier à Shanghaï. Mais le jeu ne se limite pas à si peu. La Chine s’éveille comme l’a prédit Alain Peyrefitte. Aux commandes bien sûr de ce tome 3 Tristan Roulot au scénario et Christophe Simon au dessin.

Au cinéma on joue Les Diaboliques, Signoret, Meurisse, Clouzot, du lourd bien noir. On est en février 1955. On évacue en Mer de Chine les îles Tachen bombardées par Mao vers Formose. Sur l’île de Quemoy on attend les troupes de Mao. Les USA voudraient lancer une bombe atomique sur la Chine. Cargo a convoqué son agent Pollux dans un cinéma, Jacques Franchon. Il va partir à Pékin pour rétablir des relations diplomatiques mais aussi récupérer des codes confidentiels oubliés quand l’ambassadeur a été expulsé de la résidence. Jacques rejoint son ami Jean d’Arven qui lui aussi va partir. La France a été spoliée de ses biens en Chine qu’elle avait achetés. A y être il embarque sa baignoire on ne sait jamais. Retour à Moulins en 1946 dans un bar, Jacques dis au revoir son père (Gabin un petit air). Jean le rejoint. Ils avaient rejoint De Gaulle pendant la guerre. Bateau pour la Chine et neige à Pékin en mars 1955. Le concierge veille sur une résidence délabrée et les formalités ont été difficiles pour les deux envoyés spéciaux. Les domestiques chinois sont des espions. On fait le point des biens français mais on a pu remonter la baignoire. Autre flash-back, le concours du Quai d’Orsay passé par Jean et Jacques il y a 17 ans. Pas très clairs les résultats.

Passer d’un sujet à l’autre certes donnent ses bases à l’histoire des personnages mais casse le rythme de l’intrigue principale. On passe sur la baignoire et l’ambiguïté du couple. Bonne reconstitution de ce qu’a dû être la repris en main maoïste en 55, le grand timonier les invite au palais et Zhou Elnai est là aussi. Restent les documents pour pimenter le jeu, un assez bon suspense dans un pays compliqué pour un européen. Des rappels historiques, les Boxers, l’humiliation de la Chine par les Japonais et l’Occident. On reconnait aussi Noël Roquevert acteur célèbre de l’époque. Bon dessin bien dans le ton. Une vérité, la France sera le premier pays à renommer en 1964 un ambassadeur à Pékin. Taïwan attend toujours à quelle sauce elle sera mangée.
Chroniques diplomatiques T3, 64 pages, Le Lombard, 16,45 €

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