Les Larmes du seigneur afghan, chronique d’une guerre morte

Les Larmes du seigneur afghanPascale Bourgaux est grand reporter, spécialiste de l’Afghanistan. Elle va retourner sur les traces de Mamour Hasan, un seigneur de la guerre qu’elle a déjà rencontré. Un reportage de tous les dangers mis en images par Thomas Campi au dessin et Vincent Zabus qui co-scénarise. A la redécouverte d’un conflit oublié et qui n’en finit pas de tuer. Le premier tome d’une nouvelle série consacrée par Dupuis au grand reportage.

Pascale et son caméraman retrouvent à Kaboul leur fixeur, le guide afghan qui va les conduire. Ils ont des moyens limités, pas ceux d’un grand média. Mamour Hasan s’est battu contre les Russes, les Talibans. Il accepte de revoir Pascale, lui parle de la corruption qui a envahit Kaboul. Pascale retrouve ses confrères avant de partir pour le nord du pays à l’invitation de Hasan. Leur sécurité est précaire, attentats et enlèvements sont permanents. Sous sa burqa pour ne pas être reconnue, Pascale l’occidentale est accueillie par ses amis afghans qui lui montrent l’état lamentable de leur village malgré les promesses internationales. Pour Mamour la solution est politique pas militaire alors que les Talibans gagnent du terrain. Al-Qaïda n’est pas loin non plus.

Les Larmes du seigneur afghanUn coup de poing, ce reportage dessiné. Il est mené de main de maître par une vraie professionnelle sans « bidonnage », simplement. Les informations sont recoupées, vraies. On sent tout le poids du risque encouru et celui du rejet des occidentaux. Pascale Bourgaux comprend qu’elle ne sera plus la bienvenue en Afghanistan. Le dessin de Thomas Campi est lui aussi pointilleux tout en étant éclairé, rehaussé par une très belle couleur. On se plonge à la suite de cette équipe avec angoisse et émotion. Il y a beaucoup d’amour dans ce témoignage et de chagrin aussi, du courage. On y apprend tout ce dont on ne parle plus chez nous. L’Afghanistan ne fait plus recette. Pascale Bourgaux remet les pendules à l’heure de cette guerre morte.

Les Larmes du seigneur afghan, Dupuis, 16,50 €