Bug livre 2, Enki Bilal ausculte le futur

On l’attendait, comme d’ailleurs en son temps, le livre 1 de ce Bug signé par Enki Bilal, aventure sidérante, fantastique, effrayante mais si plausible. De la fiction à la réalité. Bilal, c’est un tout, une évolution, une progression créative qui innove, étonne, peut déplaire aux bougons, aux soit-disants déçus par le « maître » ou les méprisants bas de plafond. Sauf que hors Bilal, qui a su, pu, remettre en question le 9e art, le faire accéder au monde si fermé, réservé d’art moderne. Contrairement à ce que certains pensent, Bilal sait exactement ce qu’il fait tout en ne se laissant jamais enfermer dans des cercles, des contraintes. On le voit encore avec ce livre 2 de Bug. Le hasard a propulsé un homme potentiel sauveur de l’humanité. Si il le veut et si elle le mérite. Obb va pourtant devoir faire des choix très personnels. Les personnages mélangent leur destin d’humain, compliquent la trame de cette aventure. Bilal tout en promenant son lecteur manie aussi un humour parfois décalé et noir dans cette analyse très politique où il ausculte un futur possible. Quant aux dessins, on reste sous le charme.

Bug

Obb est un survivant miraculé mais pourtant porteur d’un bug qui a mis à genoux l’humanité. L’informatique, les communication sont déconnectées, Obb est devenu le seul porteur de la mémoire universelle. Sa fille, Gemma, a été prise en otage par des mafieux corses. A ses côtés, Junia, qui va l’aider. Donnant-donnant pour Obb, des données contre Gemma. Mais la route est longue. On doit recourir à des avions anciens sans informatique. 2042, le bleu s’étend sur le visage d’Obb et de sa compagne. Obb se souvient de la pluie bleue qui a traversé la cabine de sa mission spatiale. Lui seul a survécu. Volonté du bug ? Gemma avec ses ravisseurs roule dans une Cadillac vintage conduite par un vieillard vers la Palombaggia. Obb a été repéré pendant une escale par des Néos-marxistes progressifs menés par une femme au masque de catcheuse. Obb a pu joindre sa fille à qui il promet de la rejoindre pour la libérer.

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Traitement régénérateurs pour la vie éternelle, contagion du mal bleu, on discute, on échange, on négocie en coulisses. Obb lâche des bribes de son pouvoir. Que va devenir Gemma, très douée. Sauvetage in extremis et désamorçage du potentiel nucléaire d’un sous-marin. Accident, que va devenir Obb ? Pour Bilal les deux premiers livres ont bâti l’intrigue. A l’action d’exploser dans la suite. Analyse politique en souplesse, ils sont tous là, de tous les bords, prêts à l’impossible si besoin. Et puis on a trouvé drôle la séquence corse, maffieux caricaturaux. Bilal a récréé la femme. Elles sont dans Bug importantes, incontournables. Des casses indépendantes, autant de tableaux pris sur le vif. Obb, une cible dont il faut pourtant récupérer le savoir. A suivre.

Bug, Tome 2, Casterman, 18 €

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