Claire Bretécher, c’est une femme dans un univers d’hommes. Une solitaire à ses débuts, belle et un brin myope, qui enchantait l’esprit quelque peu déluré des lecteurs de l’époque car justement seule femme parmi des mecs qui roulaient des mécaniques, la plupart des dessinateurs piliers de Pilote. On ne nommera personne. Claire Bretécher a conquis les hommes en parlant des femmes, avec amour, humour et tendresse. Et par son talent, ce coup de crayon vif comme une passe de fleuret, endiablé comme un flamenco. Elle est à la Galerie pour une exposition monographique à découvrir dès le 10 décembre qui a un joli titre, BDessineuse.
Voici une biographie de Claire Bretécher publiée à l’occasion de l’exposition :
Claire Bretécher nait à Nantes. Son père juriste et sa mère, longtemps femme au foyer, lui imposent une enfance bercée par une vieille tradition catholique, entre la maison, la pension et l’église. La fillette s’ennuie. Sitôt qu’elle apprend à tenir un crayon, elle dessine. Elle veut en faire son métier. « Le dessin m’occupait beaucoup. C’était la promesse de la fuite» confie l’artiste. Claire fera une année aux Beaux-Arts, puis deviendra un temps professeur de dessin avant de rejoindre Paris. En 1963 elle entame une première collaboration avec René Goscinny, puis avec le journal Spirou. Sa carrière décolle à mesure qu’elle travaille pour Tintin, de 1965 à 1968, puis pour Record. Désormais l’artiste assure tout, du scénario au dessin, en passant par le texte.
A partir de 1969, nait la fameuse Cellulite dans les pages du magazine Pilote. En 1972, elle crée L’Écho des Savanes avec Gotlib et Mandryka, et travaille en parallèle pour Le Nouvel Observateur, où naissent Les Frustrés. En 1988, elle imagine Agrippine, archétype de l’ado surexcitée et insupportable qui confirmera le statut de Bretécher comme star de la Bande Dessinée. Maintes fois récompensée, l’auteur obtient en 1976 le prix du scénariste français au Festival d’Angoulême. En 1982, le jury lui attribue le Grand Prix Spécial du 10ème Festival d’Angoulême. Puis, en 1999, elle reçoit l’Alph-Art humour au même festival pour Agrippine et l’ancêtre. En dehors de ses histoires pour la presse et autres travaux d’édition, Claire Bretécher pratique la peinture : en témoigne une série de visages en couleurs, tirés de ses carnets intimes et repris dans l’album Portraits (éditions Denoël) en 1983 et Moments de lassitude édité par l’auteur en 1999.
Galerie Huberty-Breyne, ouvert du mercredi au samedi de 11h à 19h
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