Braquage, ils sont partout

Surréaliste, décalée mot faible pour cette farce où les mots se mêlent et s’emmêlent. Karibou et Thierry Chavant au dessin sont partis d’un fait précis, classique vers un joyeux délire. Braquage et anecdotes savoureuses à raconter en soirée n’est pas ce que l’on croit encore qu’il faille faire attention à la manipulation. On ne sait jamais, les islamistes veillent. Ils sont partout.

Une banque, le Crédit d’Epargne, le lieutenant Marlène Taffin est négociatrice pour la police. La banque est braquée mais le GIGN n’a aucun renseignement sauf que son mari fait partie des otages.  Savoureuse anecdote reprise par Marlène, Damas en Syrie est la plus ancienne ville habitée au monde. Petit succès d’estime, le flic qui dirige a semble-t-il bien connu Marlène. Une ligne directe de téléphone, pas de demandes des braqueurs et pas d’autres anecdotes. Dommage. Elle sait que son mari est orage comme tout le monde en fait. Elle n’a pas percuté Marlène. Otage à l’intérieur. Une négociatrice de haut vol qui a su faire baisser le prix de sa veste de 1000 dirhams dans les souks au Maroc. A elle le job. Le téléphone sonne, pas de réponse. C’est un numéro masque, peut-être un service de vente pourri. ou la police, faut voir. Les deux truands ont des doutes, un autre perce le coffre, le quatrième attend dans la voiture. Négocier leur fuite, un avion et un pilote. C’est le gang des Bédoulens. Des bédouins ? Des islamistes, une 5e colonne ? La TV est informée alors qu’elle fait un reportage sur le prix des tomates dont le prix pourrait bien augmenter à cause des immigrés dixit une vieille dame. Ils risquent d’exécuter les otages. Bédoulens, pas bédouins. Nul le chef des flics. A la TV un sosie de Pascal Praud prend l’antenne. Marlène se présente devant la porte de la banque. Mohammed, non Albert. Une couche de Damas pour détendre l’atmosphère. Ils savent. Une preuve de plus. Reste la Grèce.

Et tout part en vrille. Absurdité au rendez-vous bien maîtrisée sur fond de paranoïa collective quand tout le monde pense, par réflexe, que les braqueurs sont des terroristes islamiques. Malfrats normaux c’est rassurant au moins pour eux. Direct à la TV, plateau de spécialistes et frousse mélangé à la lâcheté d’un otage qui n’a jamais été Charlie. Marlène a les neurones bloqués sur fréquence ils sont islamistes, très idiote. Le sosie de Bruno Retailleau et de Praud font monter la sauve comme de vrai. Des dialogues qui accrochent, de l’humour parfois teinté de noir. Un album qui surprend, étonne et séduit. Il fallait arriver à faire tenir debout cette aventure inégalable dans le lignée de Dernière réunion avant l’apocalypse.

Braquage, 64 pages, Delcourt Pataquès, 13,50 €

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